Tabac: Ce qui a poussé les internautes à arrêter de fumer

TÉMOIGNAGES e prix? La santé? Les proches?...

Témoignages édités par Christine Laemmel

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Les nouveaux paquets de cigarettes australiens.
Les nouveaux paquets de cigarettes australiens. — A.PRYKE/ Newspix / REX / SIPA

Dès ce lundi 1er octobre, les fumeurs dépenseront la somme minimum de 6,10 euros pour un paquet de cigarettes. Le gouvernement procède ainsi à une nouvelle hausse du prix du tabac. Le but affiché, dissuader les plus jeunes de commencer et pousser les fumeurs à arrêter. Seulement, d’après les réponses des internautes de 20 minutes, si les économies faites font la fierté des repentis, les augmentations successives sont loin de provoquer des prises de conscience.

Alors qu'est-ce qui fonctionne? Les internautes de 20 Minutes nous racontent ce qui les a motivés à arrêter de fumer ou ce qui pourrait, selon eux, les y pousser.

«Si le prix avait dû me dissuader, j'aurais arrêté depuis longtemps»

«Les dépenses considérables» liées au tabac, tous les internautes en sont conscients. Beaucoup les déplorent, certains sont résignés. Mais peu revendiquent le prix comme déclic pour arrêter de fumer. Gavroche dépense, avec sa compagne, plus de 9.000 euros par an en cigarettes. «Je ne suis pas parti en vacances depuis six ans et je respire comme un bœuf, confie-t-il, un brin cynique. Si le prix avait dû me dissuader, j'aurais arrêté depuis longtemps».

Les économies, c’est plutôt la récompense, après des mois d’efforts. «Je peux mettre 200 euros par mois de côté» se félicite Blabla. Alain jubile carrément, fier de pouvoir «amener sa femme en Egypte ou à Marrakech» depuis l’arrêt de la cigarette.

«J’ai fait un infarctus, j’ai arrêté du jour au lendemain»

Demi-moteur aussi, la santé. Qui n’agit comme vrai déclencheur pour les internautes, que lorsqu’elle prend la forme d’un signal d’alarme. «Même si ça me fait jaunir les dents et puer de la gueule je continuerai. Il me faudrait un électrochoc.» explique Fondar. Le choc, Cosdetout l’a subi. Après «20 ans de tabac», c’est un infarctus qui l’a fait arrêter. «Comme j'avais envie de fêter mes 45 ans, j'ai arrêté du jour au lendemain.» écrit-il. Tristement, il faut que la santé effraie pour qu’elle devienne importante. Blabla raconte. «Des bronchites tous les deux mois, l'essoufflement après avoir monté deux étages, l'envie d'avoir des enfants qui ne respirent pas de fumée(…) m’ont poussé à dire stop.»

Souvent incapables de sauter le pas pour eux, les internautes redoublent parfois de courage, lorsqu’il s’agit de leurs proches.  Les enfants pour Blabla, comme pour Cotcot. Pour faire plaisir à son conjoint pour d’autres. Sheley a arrêté «sans réelle motivation», mais «pour accompagner l’arrêt de son conjoint». Marc, par mail, écrit de manière lapidaire en réponse à notre appel à témoignage, «ma femme». De même que Pierre, qui voit dans son épouse, sa seule motivation, ou son seul moyen de pression.

«Je n’en pouvais plus de stresser le dimanche quand le bureau de tabac était fermé»

Que ce soit l’Etat, leur mère, leurs enfants ou le compte en banque, tout ce qui vient de l’extérieur n’y change rien, selon certains internautes, comme Gagouz ou Jester . Fumer serait une décision strictement personnelle, que seule une volonté profonde peut stopper, «un cheminement qui met du temps à mûrir» évoque Gavroche.

C’est d’ailleurs lorsqu’ils réalisent qu’ils ne fument plus vraiment parce qu’ils en ont envie, mais parce qu’ils sont accros, que certains choisissent d’arrêter. «Je n’en pouvais plus de stresser le dimanche quand le bureau de tabac était fermé ou en soirée quand le paquet était vide» raconte Blabla, évoquant cette «dépendance et ce stress» dont il est maintenant libéré. Lictor confirme. «Je me suis arrêté de fumer juste quand j'en ai eu assez de construire une partie de ma vie autour de mon approvisionnement en clopes». Canis, non-fumeur depuis peu de temps, évoque aussi une cause morale, plus que financière. «J’en ai marre d'être tondu comme un mouton par des taxes en tous genres, s’agace-t-il. Il y en a que je ne peux éviter, celle -ci n'en fait pas partie»

L’argent, la santé, les campagnes anti-tabac, rien de tout cela n’atteint Gagouz, pas même une lointaine crainte. Cet internaute, presque trentenaire, continue à faire du sport et achète ses cigarettes à l’étranger. «Avec un travail très stressant, fumer, ça me détend, écrit-il. Ça me fait penser à autre chose pendant cinq minutes. Quand je commencerai à avoir du mal à courir, à tomber malade plus régulièrement, j'envisagerai d'arrêter. Sans doute.»