Le traité européen brocardé

Delphine bancaud

— 

Les manifestants sont partis dimanche de la place de la Nation à Paris.
Les manifestants sont partis dimanche de la place de la Nation à Paris. — C. HARTMANN / REUTERS

Une nuée de drapeaux rouges sur la place de la Nation. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Paris, à l'appel d'une soixantaine d'organisations, dont le Front de gauche. Ils protestaient contre l'austérité et la ratification prochaine du traité budgétaire européen par le Parlement. « Non au traité Merkozy », « Pas question de se faire traité », « Avis de recherche François Hollande », pouvait-on lire sur les banderoles.

Mélenchon et Besancenot présents
« Hollande va prendre conscience qu'en France, comme dans le reste de l'Europe, il y a une opposition structurée à ce traité et aux politiques d'austérité », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, qui ouvrait la marche avec Pierre Laurent, numéro un du PCF, Philippe Poutou et Olivier Besancenot, ex-candidats du NPA. Des manifestants de toutes les générations, ont défilé en criant « Résistance ». « Je suis là pour demander un référendum sur le traité budgétaire. La démocratie l'impose », explique Gilles. « Il ne faut pas attendre la misère pour se bouger », déclare de son côté Guillaume, le pull maculé d'autocollants PCF. Un avis que partage Catherine : « Je ne veux pas attendre que tout se casse pour réagir. Avec ce traité, l'austérité semble inévitable. Je n'ai pas envie de payer pour me soigner et d'assister au démantèlement des services publics. » Au milieu du cortège ,un homme en costume noir, cigare à la bouche, arbore un panneau « Commission européenne » et tient en laisse des bagnards portant des affichettes avec des noms de pays tels que la Grèce, l'Italie et l'Espagne. Au passage de cette allégorie, les passants éclatent de rire. Un rire jaune pour Pierre, étudiant : « Je sens qu'avec ces politiques d'austérité les jeunes auront encore plus de difficultés à trouver du boulot. »