Cancer du sein: Le dépistage systématique remis en cause

SANTE La campagne Octobre rose fait débat...

Julien Descalles
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Dépistage du cancer du sein par une mammographie
Dépistage du cancer du sein par une mammographie — REUTERS/J.P.PELISSIER

A la veille d'Octobre rose, le mois du dépistage généralisé du cancer du sein, l'UFC-Que Choisir s'est ému mercredi du «matraquage promotionnel» de la campagne lancée chaque année depuis 2004, ainsi que du «manque d'explications» à propos, notamment, du risque de surdiagnostic.

Le problème du surdiagnostic

«Seuls les avantages des traitements sont mis en avant, tandis que s'accumulent les données scientifiques remettant en cause l'efficacité du dépistage systématique, souligne Alain Bazot, son président. Il ne s'agit pas de diaboliser ce dernier, mais de donner une information complète et loyale aux femmes s'y souscrivant.»

Selon l'Institut national du cancer (Inca), le surdiagnostic, à savoir la détection de petites tumeurs cancéreuses n'évoluant pas vers la maladie, concernerait 5 à 10% des examens. En découle alors le risque de proposer des traitements trop agressifs –ablation, chimiothérapie, radiothérapie. «La question ne nous laisse pas indifférente, souligne Marisol Touraine, ministre de la Santé. Pour preuve, l'Inca doit rendre public d'ici quelques semaines un rapport éthique sur l'information donnée.»

Le cancer le plus meurtrier

En revanche, la ministre s'est insurgée contre l'idée qu'Octobre rose «contraindrait» les femmes à la mammographie: «Aujourd'hui, seule la moitié des femmes de plus de 50 ans, cibles de l'opération, participent au dépistage organisé. Le principe du choix ne me semble donc pas menacé!» 

Et Marisol Touraine de persévérer: «L'important, c'est que personne ne remet en cause la pertinence du dépistage. Car plus le diagnostic est précoce, mieux on soigne.» Selon l'OMS, ce programme de mammographies systématiques aurait permis une réduction de 20% du taux de mortalité par cancer du sein. Ayant touché 53.000 femmes et causé 11.400 décès en 2011, il reste cependant le plus répandu et le plus meurtrier des cancers chez les femmes.