Le racisme anti-blancs, un vrai tabou?

POLITIQUE De gauche à droite, ils ont été nombreux à réagir aux propos du président de l'UMP...

alexandre Sulzer
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Jean-François Copé est accusé de reprendre à son compte un couplet du FN.
Jean-François Copé est accusé de reprendre à son compte un couplet du FN. — J. NAEGELEN / REUTERS

Jean-François Copé a-t-il dérapé en dénonçant, dans son livre Manifeste pour une droite décomplexée (Fayard) l'existence d'un «racisme anti-blancs» dans les banlieues? Si certaines voix se sont élevées à gauche –Peillon l'a accusé de «faire le lien entre la droite et l'extrême droite»– peu de cris d'orfraie ont été poussés au sein même de l'UMP.

Au grand dam du secrétaire général, qui comptait faire de cette polémique un marqueur. Le thème du racisme anti-blancs est pourtant bel et bien l'une des antiennes historiques de l'extrême droite. En 1985, Jean-Marie Le Pen dénonçait déjà le «racisme anti-Français». L'année précédente, des catholiques intégristes avaient créé l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne. Marine Le Pen, elle, a demandé une loi contre ce «racisme». «Personne n'est propriétaire ni des mots ni des idées», s'est défendu Copé.

«C'est un sujet délicat»

A telle enseigne qu'en 2005, une pétition contre les «ratonnades anti-blancs» avait déjà été lancée par des personnalités, dont certaines étaient issues de la gauche comme Bernard Kouchner ou l'essayiste Jacques Julliard. Au printemps 2012, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) évoquait le «racisme anti-blancs» comme «l'avatar» des «enfermements identitaires» dans un texte d'orientation.

«Il reste difficile d'en parler sans être taxé d'être d'extrême droite, souligne le sociologue Tarik Yildiz, auteur du Racisme anti-blancs (Ed. du Puits du Roulle). C'est un sujet délicat. Il est bon que les politiques essaient de le traiter. Mais sans mettre de l'huile sur le feu et en replaçant ce phénomène dans un contexte global.»

Réaction

Copé «décrit une situation qui est réelle, mais à mon sens, il faut dénoncer toutes les formes de racisme», a objecté Fillon.