Les pires soutiens enregistrés par les politiques

FLORILÈGE restations calamiteuses, maladresses, opportunisme... Les personnalités politiques préfèreraient parfois se passer de soutiens embarrassants...

Enora Ollivier

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Nicolas Sarkozy et Doc Gynéco, en septembre 2006 à l'université d'été de l'UMP à Marseille.
Nicolas Sarkozy et Doc Gynéco, en septembre 2006 à l'université d'été de l'UMP à Marseille. — WITT/TSCHAEN/SIPA

Madonna et Barack Obama

De l’humour mal compris à la maladresse, il n’y a qu’un pas, que Madonna a exécuté malencontreusement lundi soir. Lors d’un concert à Washington, la chanteuse se livre à un discours élogieux sur Barack Obama, appelant ses fans à voter pour lui en novembre prochain. «Il est extraordinaire et incroyable de penser que nous avons un Afro-américain à la Maison Blanche... Nous avons un musulman noir à la Maison Blanche... Cela signifie qu'il y a un espoir dans ce pays», a-t-elle lancé. Sauf que le président des Etats-Unis, de confession chrétienne, se bat contre les rumeurs récurrentes – et répandues en particulier chez les républicains - sur le fait qu’il est musulman. Madonna, elle, a assuré qu’elle avait fait là un trait d’humour.  

 

Clint Eastwood et Mitt Romney

Sa prestation aura au moins eu le mérite de susciter des bonnes blagues. Clint Eastwood offre un curieux sketch de soutien à Mitt Romney lors de la convention républicaine de Tampa, le 31 août dernier. Pendant 13 (longues) minutes, l’acteur  dialogue avec une chaise vide, supposée représenter le manque de leadership de Barack Obama. Malaise assuré.

Serge Dassault et Manuel Valls

«Nous sommes très heureux de son action, c’est pour ça qu’il a l’appui du journal bien connu». Le malaise de Manuel Valls se lit sur son visage tandis qu’il écoute l’éloge de Serge Dassault, sénateur UMP et patron du Figaro. Début septembre, le milliardaire a pourtant bien salué  - et avec enthousiasme - l’action du ministre de l’Intérieur: «actuellement, c’est très bien. Pour les Roms, et tous les autres, c’est formidable!»

 

Ziad Takkieddine et François Hollande

«Il utilise un [karcher], pas pour nettoyer des banlieues mais pour nettoyer la saleté qui est à la tête de la République.» Réputé proche de Brice Hortefeux et de Jean-François Copé, le sulfureux homme d’affaire apporte un soutien inattendu au candidat socialiste en mars dernier, pendant la campagne présidentielle. Ziad Takkiedine est inquiété dans le volet financier de l’affaire Karachi, et est notamment mis en examen pour complicité de blanchiment et recel d’abus de bien sociaux aggravés. «Ce monsieur que je ne connais pas a visiblement des informations sur le candidat sortant et ses équipes», réagit François Hollande, qui assure «ne pas du tout se laisser pas instrumentaliser ou utiliser».

Gérard Depardieu et Nicolas Sarkozy

«Je n’entends que du mal de cet homme qui fait que du bien». Sur la scène du meeting de Villepinte le 11 mars – premier grand rassemblement de la campagne du président sortant – Gérard Depardieu semble improviser.

Mais le mercredi suivant, le Canard enchaîné retranscrit des propos qu’aurait tenus l’acteur pour motiver son soutien: «A chaque fois que j'ai demandé quelque chose à Sarko, il a répondu présent. Quand j'ai eu récemment des problèmes avec l'une de mes affaires à l'étranger, il s'est mis en quatre et m'a réglé le problème tout de suite (…) J'aurais perdu beaucoup d'argent s'il ne m'avait pas aidé pour ce problème. Tout ce qu'il me demandera, je le ferai». Un retour d’ascenseur qui peut expliquer les changements idéologiques de Gérard Depardieu, soutien en 1988 de François Mitterrand et en 2002 du Parti communiste.  

Maxime Brunerie et François Bayrou

Soutenir un candidat à l’Elysée quand on a cherché par le passé à tuer un président en exercice? Maxime Brunerie, condamné pour sa tentative d’assassinat sur Jacques Chirac en 2002,  tente le grand écart à l’été 2011, en affichant son soutien à François Bayrou. Le jeune homme explique avoir été séduit par «le côté pragmatique et réaliste» du candidat du MoDem. Las! Le parti centriste refuse son adhésion. ««Il n’y a pas de place pour les déséquilibrés», tranche François Bayrou.

Doc Gynéco et Nicolas Sarkozy

En 2007, Nicolas Sarkozy reçoit l’appui pour le moins étonnant d’un Doc Gyneco en mal de succès depuis plusieurs années. Si le candidat pense ainsi s’attacher une image «jeune», l’effet est au contraire catastrophique. Le rappeur, à qui le fisc réclame 780.000 euros – il sera d’ailleurs condamné en octobre 2008 à 10 mois de prison avec sursis – paraît apporter un soutien opportuniste au futur Président. Sans oublier que le livre du chanteur publié pour l’occasion, Les grands esprits se rencontrent, Sarkozy et moi, une amitié au service de la France (sic) dévoile des idées et des points de vue confus, voire simplistes. A l’avantage ni de l’un, ni de l’autre.