Un hôtelier de luxe français jugé au Maroc pour pédophilie

JUSTICE Il aurait accueilli des mineurs dans son hôtel de Marrakech...

E.O.
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La place Jamaa el Fna, à Marrakech, en mai 2011.
La place Jamaa el Fna, à Marrakech, en mai 2011. — SIPA

Il assistera sans doute pas à son procès, vendredi. Patrick F., dirigeant français d’une chaîne hôtelière de luxe, est convoqué devant le tribunal correctionnel de Marrakech, au Maroc, où il est censé comparaître pour des faits de «débauchage» et de «prostitution de mineurs», rapporte Le Monde ce mercredi.

C’est à la suite d’un différend commercial que l’affaire de prostitution de jeunes garçons a éclaté. En février 2011, Patrick F., alors directeur général d’un palace en construction à Marrakech, rompt son contrat avec un entrepreneur marocain et quitte le pays. Mais il n’emporte pas son ordinateur, et demande à l’informaticien de l’hôtel de supprimer les données qu’il contient – ce que l’employé ne fait pas. Or, se trouvent dans l’appareil des photos et des vidéos pornographiques, rapidement saisies par des huissiers.

Adolescents nus

De son côté, l’entrepreneur avec qui le dirigeant s’est brouillé porte plainte, en septembre 2011, pour l’utilisation d'une maison, du réseau Internet et d’une voiture de l'hôtel «afin de se livrer à des agissements sexuels sur mineurs». Un juge d’instruction décide alors de renvoyer Patrick F. devant un tribunal pour pédophilie.

L’homme aurait accueilli, dans l’enceinte de l’hôtel, des jeunes garçons de 14 à 20 ans, selon des témoignages recueillis par la gendarmerie marocaine et révélés par Le Monde. Il se serait baigné avec les adolescents nus, et se serait enfermé dans une chambre avec eux pour, officiellement, pratiquer sport et massages.

Le dirigeant nie

Un avis de recherche a été diffusé par le procureur de Marrakech à l’encontre du dirigeant, domicilié à Paris mais aujourd’hui chargé de superviser l’ouverture d’un hôtel à Milan. Le 6 juillet, Patrick F. a nié toutes les charges pesant contre lui devant la chambre de commerce internationale qui arbitre le différend l’opposant à l’entrepreneur marocain. Il a ainsi a clamé sa «totale innocence», et a indiqué qu’il «contesterait» ces accusations «colportées» d’après lui, «par des adversaires» entretenant «des connexions» avec les «services secrets» du Maroc.

En tout état de cause, le procès se tiendra bien vendredi, et jugera les deux chauffeurs de l’hôtelier, accusés d’avoir emmené des mineurs à l’hôtel. Ils doivent comparaître pour «aide à la prostitution» et «participation à l’exploitation d’enfants pour du matériel pornographique».