Un bébé après 40 ans, une vraie renaissance?

FAMILLE Depuis une vingtaine d'années, les grossesses tardives augmentent...

Delphine Bancaud

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Photo d'illustration: Un bébé d'un mois.
Photo d'illustration: Un bébé d'un mois. — SUPERSTOCK/SIPA

Accoucher après 40 ans est deux fois plus fréquent qu'il y a vingt ans. Ainsi, selon l'Insee, en 2011, 5% des femmes mettant au monde un bébé étaient âgées de 40 ans et plus, contre 2,2% en 1991. Un phénomène qu'ont analysé Marc Bessin et Hervé Levillain dans un ouvrage qui sort ce mercredi en librairie*.

Selon ces deux sociologues, la parentalité tardive revêt différents visages. «Elle ne s'explique pas uniquement par la volonté de certains cadres de privilégier leur vie professionnelle avant de procréer. Mais elle renvoie aussi à la fréquence des familles recomposées aujourd'hui», prévient Marc Bessin. Car selon l'Ined, 25% des naissances survenues alors que la mère avait plus de 40 ans sont intervenues dans le cadre d'une seconde union.

Un autre regard de la société

Autre facteur souligné par le sociologue: «Depuis les années 70, la logique individuelle a pris le pas sur la logique sociale. Les normes ont changé et le calendrier pour devenir parent est moins strict. S'engager à avoir un enfant, c'est d'abord trouver la bonne personne et choisir le bon moment», insiste Marc Bessin.

Par ailleurs, l'apparition de l'amniocentèse dans les années 1970 a changé le rapport aux risques relatifs aux grossesses tardives, ce qui a donné à davantage de femmes l'envie de se lancer. Le regard de la société sur la parentalité tardive a lui aussi évolué. Du coup, pour les quadras qui deviennent parents, l'âge ne semble plus un fardeau.

Si les nuits blanches les fatiguent davantage que lorsqu'ils avaient 30 ans, la maturité semble leur apporter d'autres bénéfices. «Ils se sentent plus expérimentés, car certains ont déjà élevé d'autres enfants. Leur investissement professionnel n'est souvent plus en concurrence avec leur vie familiale et ils peuvent aussi bénéficier de l'aide de leurs aînés», souligne Marc Bessin. Elever un enfant leur permet aussi de côtoyer des parents plus jeunes, les oblige à se maintenir en forme et à bousculer leurs habitudes. Une sorte de cure de jouvence, en somme.

*Parents après 40 ans, 19 euros, éd. Autrement.

Neuf mois plus suivis

La menace d'une fausse couche spontanée augmente avec l'âge de la future mère. Et les risques d'anomalies chromosomiques et de prématurité du nourrisson sont moins rares. Avec l'âge, l'hypertension artérielle, le diabète gestationnel sont aussi plus courants. D'où l'importance d'une surveillance accrue pour les quadras qui attendent un bébé.