AZF: L'ex-directeur condamné à un an ferme, la défense va se pourvoir en cassation

JUSTICE Total et son ancien PDG sont eux mis hors de cause...

Nicolas Bégasse avec agences

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Le procès hors norme de l'explosion de l'usine chimique AZF s'est ouvert en appel jeudi après-midi à Toulouse devant près d'un millier de personnes, dont des centaines de parties civiles, un peu plus de 10 ans après le drame qui a fait 31 morts et 2.500 blessés, le 21 septembre 2001.
Le procès hors norme de l'explosion de l'usine chimique AZF s'est ouvert en appel jeudi après-midi à Toulouse devant près d'un millier de personnes, dont des centaines de parties civiles, un peu plus de 10 ans après le drame qui a fait 31 morts et 2.500 blessés, le 21 septembre 2001. — Eric Cabanis afp.com

La cour d’appel de Toulouse a rendu ce lundi sa décision dans le nouveau procès de la catastrophe d’AZF, survenue le 21 septembre 2001 à Toulouse (Haute-Garonne), et retenu la thèse de l'accident chimique dû au mélange de deux produits incompatibles.

Grande Paroisse (groupe Total) et l’ex-directeur de l’usine Serge Biechlin ont été reconnus coupables d’homicides involontaires. Celui-ci a été condamné à trois ans de prison, dont un ferme, et 45.000 euros d’amende. Sa peine de prison ferme sera effectuée sous le régime de la semi-liberté. Grande Paroisse a écopé d'une amende de 225.000 euros, la peine maximale, comme l'avait requis le parquet.

Un avocat de la défense a annoncé peu après l'arrêt qu'un pourvoi en cassation serait déposé dans la journée. De leur côté, les associations de victimes se sont réjouies que la justice ait, onze ans après, désigné des coupables dans l'accident industriel le plus grave en France depuis 1945.

Total et son ex-PDG relaxés

«La cour déclare Serge Biechlin et la société Grande Paroisse coupables d'avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou en commettant une faute caractérisée qui exposait autrui à un risque (...) involontairement causé la mort» des victimes, a déclaré à l'audience le président de la cour, Bernard Brunet. Le groupe Total lui-même, ainsi que son ancien PDG Thierry Desmarest, ont été mis hors de cause par les magistrats.

L'affaire AZF a donné lieu à à deux procès fleuves. Le procès en appel a duré quatre mois et demi jusqu'au 16 mars 2012 occupant 400 heures d'audience pour déterminer la cause de l'explosion de 300 tonnes de nitrate d'ammonium stockés dans le hangar 221 d'AZF. Elle avait causé la mort de 31 personnes et en avait blessé plusieurs milliers d'autres. En première instance, une relaxe générale contre l’ensemble des prévenus avait été prononcée.