Surirradiés d'Epinal: Le procès s'ouvre ce lundi à Paris

JUSTICE Entre 2001 et 2006, plus de 600 personnes ont reçu une dose de rayons trop importante...

Vincent Vantighem

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Philippe Stabler, président de l'Association vosgienne des surirradiés de l'hopital d'Epinal (AVSHE), pendant la conférence de presse de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, le 13 septembre 2007.
Philippe Stabler, président de l'Association vosgienne des surirradiés de l'hopital d'Epinal (AVSHE), pendant la conférence de presse de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, le 13 septembre 2007. — CHESNOT/SIPA

Ceux qui peuvent encore supporter la douleur feront le déplacement jusqu’au Palais de Justice. Les autres suivront les débats depuis Epinal (Vosges) où les audiences seront retransmises en direct. «Mais qu’ils viennent ou pas, tous ces irradiés n’ont qu’une seule et même question: “Pourquoi?”», révèle Gérard Welzer, leur avocat. Le tribunal correctionnel de Paris a prévu six semaines d’audience, à partir de ce lundi, pour y répondre en examinant l’affaire de la surirradiation de l’hôpital Jean-Monnet.

Accusés de «destruction de preuves»

Sur le banc des accusés: deux radiothérapeutes, un radiophysicien et trois anciens responsablesde la santé au niveau local (Ddass, ARH...) essaieront de justifier comment ils ont écorné l’imagerie médicale d’Epinal en causant la mort de six personnes et les blessures de 600 autres.

Entre 2001 et 2006, ils étaient chargés de soigner tous ces patients atteints par un cancer de la prostate. Le matériel médical était mal réglé. La dose de rayons, trop importante. «Aujourd’hui, ils se rejettent la responsabilité, poursuit Gérard Welzer. Mais le pire, c’est qu’à l’époque des faits, ils ont tenté de dissimuler la vérité quand ils s’en sont rendu compte.»

Accusés «d’homicide et de blessures involontaires», les principaux suspects doivent en effet aussi répondre du délit de «destruction de preuves» et «d’omission de porter secours». «Il n’y aura pas assez d’un mois et demi de procès pour dire tout le mal que je pense d’eux», réagit Philippe Stabler, l’une des victimes dont la vie a été ruinée. Contactés, les avocats de la défense n’ont pas souhaité s’exprimer avant l’audience.