le duel Fillon-Copé ne passionne pas

Alexandre Sulzer

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Ils se disputent, s'injurient... mais laissent les Français indifférents. Selon l'enquête Harris Interactive pour 20 Minutes, près de trois sur quatre assurent ne pas s'intéresser à la compétition entre François Fillon et Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP. Ils ne sont que 26 % à affirmer le contraire. Un chiffre exactement similaire à l'importance accordée à la succession de Martine Aubry au PS, mesurée dans un sondage publié le 14 septembre dans 20 Minutes. Toutefois, les sympathisants UMP semblent concernés (66 %). Un chiffre nettement supérieur aux 53 % des sympathisants PS qui se déclaraient intéressés par la désignation de Harlem Désir. Un combat médiatisé entre deux personnalités fortes suscite logiquement plus d'intérêt qu'une désignation.

Avantage Fillon
Mais si l'indifférence l'emporte, les Français ne renvoient pas pour autant les deux prétendants dos à dos. Une large majorité préfèrerait voir l'ancien Premier ministre gagner l'élection interne de l'UMP (45 %). Le déséquilibre se révèle encore plus fort parmi les sympathisants UMP et de droite (71 % dans les deux cas). Jean-François Copé est distancé dans toutes les catégories socio-professionnelles ou affiliations partisanes. « Pour l'opinion, il n'y a pas de débat, c'est Fillon », conclut Jean-Daniel Levy, de Harris Interactive, qui souligne qu'il s'agit du premier sondage depuis que les candidats en mesure de se maintenir sont connus. « Pour les Français, cette compétition est la préfiguration d'une candidature à la présidentielle en 2017. » Aussi bien pour Fillon (75 %) que Copé (65 %). De quoi contribuer à favoriser le député de Paris « qui a une meilleure popularité ». « Ce sont les militants et pas les sympathisants qui voteront en novembre », se défend l'équipe Copé. « 100 % des militants sont des sympathisants », répond-on chez Fillon.