« Je dois toujours savoir où se trouvent les toilettes... »

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Il se souvient encore du courrier qui lui a appris la nouvelle. « Le pire, c'est qu'il n'était même pas signé par un médecin, mais par un administratif de l'hôpital… » Agé de 59 ans, Philippe Stabler ne vit plus avec la peur au ventre. « Mon cancer de la prostate est guéri, lâche-t-il. Aujourd'hui, le problème est ailleurs. » Dans le bas-ventre où ses intestins ont été brûlés sur trois centimètres par une surirradiation de 8 %. « J'ai des douleurs en permanence. Mais surtout, ma vie n'est plus du tout la même. » La faute aux quatre à six diarrhées quotidiennes, souvent sanglantes. « Quoi que je fasse, je dois toujours savoir où se trouvent les toilettes… » Du coup, cet ancien informaticien évite les déplacements. « Sauf une fois par an pour voir mon frère en Auvergne. Je ne prends que l'autoroute car je peux m'arrêter sur les aires de repos. Sinon, c'est trop compliqué à gérer. »V. V.