Etude sur les OGM: «Nous souhaitons une modification réglementaire»

INTERVIEW L'un des chercheurs ayant pris part à une étude conduite sur des rats nourris avec du maïs OGM répond à «20 Minutes»...

M.Gr.

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Le professeur Gilles-Eric Séralini (à gauche) et le docteur Joël Spiroux de Vendomois, le 20 septembre 2012
Le professeur Gilles-Eric Séralini (à gauche) et le docteur Joël Spiroux de Vendomois, le 20 septembre 2012 — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Elle n’est pas passée inaperçue. Publiée mercredi, une étude pilotée par le professeur Gilles-Eric Séralini, membre du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen) semble montrer que des rats, nourris avec du maïs OGM, meurent plus jeunes et développent davantage de cancers. 20 Minutes fait le point sur cette étude, avec le docteur Joël Spiroux de Vendomois, l’un des scientifiques ayant participé à sa réalisation.

Pourquoi avoir décidé de faire cette enquête?

Disons qu’au Criigen, depuis une quinzaine d’années, nous nous intéressons de près aux OGM. Nous avions déjà réalisé une étude en 2007, conduite sur trois mois. Mais il fallait que nous réalisions une étude plus longue, en nous basant sur le protocole le plus pertinent qui soit.

Comment s’est faite l’enquête?

Les OGM sont un sujet sensible, nous avons donc préféré rester très secrets. L’enquête a été conduite dans une grande discrétion à Caen (Calvados) pour une large part. Notamment pour éviter toute perturbation ou fuites. Et pour certaines étapes contraignantes, nous nous sommes appuyés sur des partenaires, qui souhaitent garder l’anonymat.

Pourquoi?

Parce qu’il s’agit de laboratoires qui traitent par ailleurs avec des grands groupes agro-alimentaires.

A la suite de la publication de votre étude, le gouvernement a saisi l’Anses, que cela vous inspire-t-il?

Nous sommes favorables à ce que notre étude soit analysée. Ce que nous ne voulons pas en revanche,  c’est que notre travail soit évalué par ceux qui ont autorisé la mise sur le marché de ces produits dangereux pour la santé.

Avec la publication de votre étude, qu’espérez-vous?

Ce que nous souhaitons, c’est une modification réglementaire pour que des études puissent être menées sur ces questions. Nous souhaitons que cette étude ouvre une voie et permette à d’autres études transparentes de voir le jour et que les résultats ne soient pas tenus secrets.