« Notre droit au blasphème est essentiel pour la démocratie »

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Antonio Fischetti, mercredi.
Antonio Fischetti, mercredi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Antonio Fischetti
Chroniqueur à « Charlie Hebdo »
N'est-ce pas de la provocation

que de publier des caricatures de Mahomet dans le contexte actuel ?
Non, je ne trouve pas. C'est notre boulot quotidien. Cela fait quarante ans que nous faisons des dessins blasphématoires. C'est de ne pas en publier qui serait un vrai événement.

Vous êtes donc surpris de la polémique autour de ces dessins ?
On commence à avoir l'habitude. Mais je suis quand même surpris. Ce sont juste quelques dessins. Et ils ne sont même pas en couverture. La plupart du temps, ça passe inaperçu. Mais cette fois-ci, Jean-Marc Ayrault a réagi. Finalement, nous, on y est pour rien…

Vous jetez quand même de l'huile sur les braises du film anti-islam…
Franchement, c'est essentiel pour la démocratie. J'estime que ce sont les islamistes qui jettent de l'huile sur le feu. Nous, on use de notre droit d'expression, notre droit au blasphème. Si nous reculons et arrêtons de faire ça, ce sont les islamistes qui avancent. Ils n'ont pas compris que l'on ne se moquait pas des êtres humains, mais seulement de la religion.

Et si des manifestations contre

vos caricatures dégénèrent,

vous sentirez-vous responsable ?
On peut se poser la question. On n'a pas envie que des gens meurent à cause de nous. Mais je pense qu'il ne faut pas céder, quelles que soient les conséquences.Propos Recueillis par V. V.