Caricatures de Mahomet: La France peut-elle s'embraser?

ISLAM La publication de caricatures de Mahomet dans «Charlie Hebdo» inquiète les autorités...

Vincent Vantighem

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Charlie Hebdo en kiosque, le 19 septembre 2012.
Charlie Hebdo en kiosque, le 19 septembre 2012. — G. VARELA / 20 MINUTES

«Où est Charlie?» Mercredi matin, c'était le dernier jeu à la mode dans les rues du quartier parisien de Belleville. C'est finalement dans le caniveau que les lecteurs avaient le plus de chances de trouver l'hebdomadaire satirique dans lequel des caricatures de Mahomet ont été publiées. «Des gens sont venus très tôt. Ils ont acheté tous les exemplaires et les ont déchirés sur le bord de la route», confie Line, l'une des kiosquières du quartier.

Les ambassades fermées vendredi

Réaction épidermique isolée ou prémices d'un embrasement général? Quatre jours après la manifestation devant l'ambassade des Etats-Unis à Paris contre le film anti-islam, le gouvernement n'a pas attendu d'avoir la réponse pour prendre des mesures. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a annoncé que les ambassades, consulats et écoles françaises seraient fermés, vendredi, dans une vingtaine de pays. Et si la menace venait de l'intérieur? Les appels à défiler, samedi dans plusieurs villes de France, se sont multipliés ces derniers jours sur les réseaux sociaux. «Une seule déclaration de manifestation a été déposée, elle sera suivie d'une interdiction, a tranché sur RTL Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre. Ce sont des groupes minoritaires qui veulent exploiter la situation. La République ne laissera pas faire.»

Lors de la première manifestation, samedi dernier, 152 personnes avaient été interpellées pour des contrôles avant d'être relâchées. «Les jeunes qui manifestent sont tellement indignés qu'ils ne craignent pas les conséquences de leurs actes, confie le sociologue Farhad Khosrokhavar. Mais ce ne sont pas djihadistes poseurs de bombes. S'ils l'étaient, ils seraient déjà en prison…» Spontanés, sans leader apparent, les appels à la rébellion sont difficiles à cerner. «Il y a sans doute quelques salafistes derrière », poursuit le sociologue. Prônant un retour aux sources de l'islam, ils sont ultra-minoritaires. «La plupart des musulmans de France sont tranquilles, résume Brahim, un fidèle parisien. Mais il suffit de deux illuminés pour mettre le feu aux poudres…»

Première plainte

Jean-Marc Ayrault avait incité les personnes choquées à saisir la justice. Inconnue jusque-là, l'Association syrienne pour la liberté a déposé plainte contre Charlie Hebdo, mercredi soir.