Il y a vingt ans, le traité de Maastrichtt

EUROPE A l'instar de certains Français, des politiques s'interrogent sur leur vote de l'époque...

Matthieu Goar et Maud Pierron

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Philippe Séguin et Charles Pasqua avaient mené la campagne du non lors du référendum sur Maastricht, en 1992.
Philippe Séguin et Charles Pasqua avaient mené la campagne du non lors du référendum sur Maastricht, en 1992. — FACELLY / SIPA

Le calendrier politique offre parfois des coïncidences intéressantes. Alors que le gouvernement lançait en grande pompe, mercredi, le processus de ratification du nouveau traité européen, ce jeudi marque le vingtième anniversaire d'un autre texte. Le 20 septembre 1992, les Français ratifiaient par référendum et du bout des lèvres (51,04% de oui) le traité de Maastricht. Depuis, les temps ont changé. Gagnés par l'euroscepticisme, 64% des Français voteraient aujourd'hui contre ce traité qui prévoyait notamment la monnaie unique, selon un sondage Ifop pour Le Figaro.

C'est le cas de certains politiques. Ancienne ministre de François Mitterrand, Marie-Noëlle Lienemann avait voté oui en 1992. Elle s'apprête à voter non au nouveau traité. «A l'époque, je faisais un pari, celui proposé par Mitterrand, qui était que l'intégration monétaire conduirait naturellement à l'intégration politique et sociale. Mais c'était sans compter la vague libérale qui s'est abattue sur l'Europe et qui l'a rendu impossible», explique la sénatrice de Paris.

Du non au oui, du oui au non

A droite, où Philippe Séguin et Charles Pasqua avaient fait campagne pour le non, certains ont fait le parcours inverse de Lienemann. Xavier Bertrand ou encore François Fillon avaient ainsi voté non en 1992, avant de se prononcer en faveur du traité constitutionnel de 2005, de celui de Lisbonne en 2008 ou encore de celui que s'apprêtent à examiner l'Assemblée et le Sénat. A l'époque en poste à Djibouti pour son service militaire (obligatoire pour les élèves de Polytechnique), Nathalie Kosciusko-Morizet avait voté par procuration. Son choix s'était porté sur le non. «Il s'agissait du premier vote auquel je participais. J'avais le sentiment que c'était un montage technocratique, mais que l'on ne distinguait pas le projet politique. L'histoire a donné raison à cette position. Le défaut d'autorité politique a été très nuisible face à l'autorité monétaire que créait Maastricht», estime NKM. En 2012, la députée de l'Essonne s'apprête à voter oui au nouveau traité. «Il s'agit d'un rattrapage de ce que nous n'avons pas fait avant. Et ce rattrapage est indispensable pour que les politiques reprennent le contrôle de l'Union monétaire», détaille-t-elle. «Je ne pourrais plus voter oui sans avoir de garantie sur la création d'un gouvernement économique qui amène à une Europe sociale », résume de son côté Marie-Noëlle Lienemann.