Meurtre d'une Suédoise: Perpétuité requise contre le faux taxi

JUSTICE La cour d'assises se prononce ce vendredi sur le sort de Bruno Cholet, accusé du meurtre d'une Suédoise...

William Molinié

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Le 13 septembre 2012, le frère et la mère de la victime, Samuel Zetterberg et Asa Palmqvist, au procès de Bruno Cholet, accusé du meurtre de Susanna Zetterberg.
Le 13 septembre 2012, le frère et la mère de la victime, Samuel Zetterberg et Asa Palmqvist, au procès de Bruno Cholet, accusé du meurtre de Susanna Zetterberg. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Bruno Cholet ne doit pas recommencer.» L’avocat général, Jean-Paul Content, a requis jeudi la prison à perpétuité et vingt-deux ans de sûreté à l’encontre du faux taxi, soit la peine maximale. L’homme de 55 ans, accusé d’avoir assassiné en 2008 Susanna Zetterberg, une suédoise de 19 ans, comparaissait depuis le 4 septembre devant la cour d’Assises de Paris.

«Il ne satisfait personne»

Même si le chauffeur se dit innocent et victime d’un complot policier, les preuves matérielles l’accablent. Surtout son ADN, retrouvé avec celui de la victime, sur l’arme du crime saisie dans le coffre de sa voiture. «Alors admettons l’invraisemblable. Cela signifierait que des policiers auraient brisé des scellés, fabriqué des faux procès-verbaux, auraient pris le risque d’être révoqués et convoqués devant une cour d’assises. Ce motif apparaît bien pauvre et dérisoire», a regretté Jean-Paul Content dans un long réquisitoire de plus de deux heures, où il s’est efforcé de dresser une personnalité «égocentrique, narcissique, trouvant satisfaction dans la transgression».

Plus tôt, le père de la victime confiait être certain «que la justice [allait être] rendue». Mais la famille regrettait l’absence d’explications de l’accusé. «La notion de la consolation n’a pas de sens. Il aurait fallu qu’il explique les choses. Car expliquer, c’est faire revenir ce qui est abominable dans l’ordre humain», a déclamé Jean-Yves Le Borgne, l’avocat des Zetterberg. Chemise blanche et pull pourpre, Bruno Cholet, qui a apporté peu de réponses en huit jours d’audience, a écouté avec attention les plaidoiries.

«Certes, il ne satisfait personne. Il n’a pas l’art de s’exprimer. Mais j’ai soulevé plusieurs zones d’ombre. Et je demande aux jurés de faire face à leurs doutes. Et si doute il y a, de l’acquitter», a insisté Aurélie Cerceau, son avocate. Avant de se retirer pour rendre son verdict ce vendredi, la cour a prévu d’entendre une dernière fois Cholet. Ultime chance pour l’accusé d’apporter des explications.