Les policiers déférés au parquet

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Le procureur du Rhône, mercredi.
Le procureur du Rhône, mercredi. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Depuis le début de leur garde à vue, ils nient en bloc. Mais les sept fonctionnaires de police et les deux délégués du procureur interpellés mardi dans l'agglomération lyonnaise vont pourtant devoir s'expliquer sur les soupçons de trafic d'influence et de corruption pesant contre eux. Depuis août 2011, 2 600 pièces de procédures ont été réunies par la sûreté départementale du Rhône et l'Inspection générale de la police nationale dans le cadre d'écoutes téléphoniques et de filatures. Il leur est reproché d'être « rentrés dans une relation de proximité pénalement répréhensible avec les membres d'une famille de Vénissieux », a précisé mercredi le procureur de la république de Lyon, Marc Cimamonti. Deux des quatre frères de cette famille, impliqués dans « des affaires de stupéfiants et de vols avec violence », ont également été placés en garde à vue, ainsi que deux personnes de leur entourage. Les fonctionnaires auraient permis à l'un des frères, alors recherché pour une exécution de peine de prison, d'échapper à des interpellations en novembre puis décembre 2011. Les policiers auraient bénéficié, en contrepartie, de nombreux avantages. Une Porsche de location, par exemple, mise à disposition d'un des policiers pour le mariage de sa fille, des invitations au restaurant, des fournitures de téléphones portables, d'électroménager et de matériel informatique. Des faits pour lesquels les policiers, qui seront déférés ce jeudi en vue d'éventuelles mises en examen, encourent jusqu'à dix ans de prison.à Lyon, Elsa Riberry-Frisullo