Contraception: La pilule d'urgence passe mal

EXCLUSIF Un sondage révèle le rapport des Françaises à la contraception du lendemain...

Lucie Romano

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Illustration de pilules du lendemain (Nantes, le 12 septembre 2012)
Illustration de pilules du lendemain (Nantes, le 12 septembre 2012) — FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

Près d'un tiers des Françaises fertiles et ne désirant pas de grossesse ont eu un ou plusieurs rapports mal ou non protégés dans l'année. Parmi elles, 20% seulement ont eu recours à la contraception d'urgence, selon un sondage BVA pour le laboratoire HRA Pharma* dévoilé par 20 Minutes.

Ces chiffres confirment les impressions des gynécologues: les femmes arrêtent plus souvent qu'on ne le croit leur contraception, même temporairement. Avec pour conséquences des grossesses non désirées ou des interruptions volontaires de grossesse, surtout chez les 18-24 ans, par ailleurs très peu consommatrices de contraception d'urgence, selon le Baromètre Santé 2010.

Entre honte et progrès

Neuf femmes sondées sur dix perçoivent la contraception d'urgence comme un progrès, mais elles sont aussi 9 sur 10 (89%) à estimer qu’elle ne devrait pas être tabou ou culpabilisante. Pour 20% des 2.415 femmes interrogées, la prise de la pilule est associée à une sentiment de honte. Plus encore que ces perceptions, la méconnaissance questionne: 41% des femmes ignorent en effet que la prise du comprimé d'urgence n'équivaut pas à un avortement, ou ne se prononcent pas sur la question posée.

«Cette forte proportion, tout âge confondu, prouve qu'elles n'ont pas la connaissance de base, commente Céline Bracq, directrice adjointe de BVA Opinion. Elles sont d'ailleurs 93% à attendre plus d'informations.» Seules deux tiers des femmes savent que cette contraception est moins efficace après vingt-quatre heures.

La grande majorité (86%) qui a déjà pris une pilule peu de temps après un rapport sexuel à risques, en revanche, a su trouver un pharmacien, qui lui est apparu rassurant (73%). Le rôle du médecin est, lui, marginal: seul un tiers des femmes attendent une prescription de sa part.

* Sondage réalisé en ligne du 15 au 30 mars 2012 auprès d'un échantillon représentatif de 2.415 femmes fertiles hétérosexuelles âgées de 16 à 45 ans et ayant eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois.

Recul inédit de la pilule en france

La pilule reste le contraceptif le plus utilisé par les Françaises, mais son usage a légèrement diminué depuis le début des années 2000 au profit d'autres méthodes hormonales. Conclusion de l'étude Fecond : une femme de 15 à 49 ans sur deux la prend.