Les mutuelles étudiantes ratent leur examen

SANTE Une enquête de l'UFC-Que Choisir pointe notamment leur service rendu aux étudiants et leur coût...

Delphine Bancaud

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Enseigne et logo de la LMDE (La Mutuelle Des   Etudiants), rue Linne, dans     le 5eme Arrondissement  de Paris.
Enseigne et logo de la LMDE (La Mutuelle Des Etudiants), rue Linne, dans le 5eme Arrondissement de Paris. — NEGROTTO VIVIANE/SIPA

«Les mutuelles méritent un bonnet d’âne». Une sentence prononcée ce mercredi par Alain Bazot, président de l’UFC, qui présentait une étude sur le sujet. Réalisée à partir d’une enquête de satisfaction en ligne menée entre la mi juillet et la mi septembre auprès de 837 étudiants, elle dévoile les travers des mutuelles étudiantes.

Premier grief: l’information opaque délivrée aux étudiants. «On constate que 40% des néo-étudiants ont des idées fausses sur les mutuelles, ce qui en fait des proies faciles», commente Mathieu Escot, chargé de mission Santé à l’UFC-Que Choisir.  Plus d’un tiers d’entre eux ne savent pas que les mutuelles étudiantes gèrent à la fois la Sécu obligatoire pour les étudiants et la partie complémentaire (non obligatoire). De plus, 61% ne savent pas que la complémentaire étudiante choisie remplace la Sécurité sociale de leurs parents et 57% n’ont pas compris que le niveau de remboursements, pour la partie Sécurité sociale, est le même quel que soit leur choix de mutuelle.

Le coût en question

Autre critique de l’UFC: «hormis pour les garanties basiques, les mutuelles étudiantes sont peu compétitives», résume Alain Bazot. Selon l’association de consommateur, les complémentaires en ligne classiques seraient 30% moins chères. « Or, 570.000 étudiants souscrivent leur complémentaire auprès d’une mutuelle étudiante, qui bénéficie de son accès privilégié aux jeunes dans les établissements», souligne Mathieu Escot.

Quant aux prestations fournies, il y a aussi beaucoup à redire selon l’UFC. Ainsi, un tiers des étudiants attendent plus de trois mois leur carte Vitale et ne peuvent pas bénéficier du tiers payant. «Et malheur à ceux qui voudraient joindre leur mutuelle pour s’en plaindre car moins d’un appel sur deux (45%) aboutit auprès de la LMDE (principale mutuelle étudiante), contre 88% pour l’Assurance maladie», insiste Mathieu Escot. Enfin, toutes les complémentaires étudiantes comporteraient des clauses abusives selon l’UFC, comme l’impossibilité de résilier son contrat à la suite d’une modification unilatérale de  celui-ci par la mutuelle, l’obligation du prélèvement comme mode de paiement ou des délais trop courts pour la déclaration des sinistres…

Lancer la réflexion

Pour faire évoluer la situation, l’UFC-Que Choisir souhaite œuvrer d’abord sur l’information des jeunes. L’association a donc mis en ligne ce mercredi un kit pratique sur www.quechoisir.org  pour guider les étudiants dans le choix de leur complémentaire santé, accompagné d’un comparatif des meilleures offres. L’association met aussi en demeure les 11 mutuelles étudiantes de supprimer de leurs contrats, sous trois semaines, les clauses abusives qu’ils contiennent. Via cette étude, l’UFC souhaite aussi interpeler les pouvoirs publics afin que la gestion de la Sécurité sociale des étudiants soit désormais confiée à l’Assurance maladie, ce qui permettrait selon elle, une économie de près de 90 millions d’euros par an. Elle compte d’ailleurs solliciter la ministre de la Santé, Marisol Touraine sur ce sujet. Un dossier de longue haleine.