Une nouvelle affaire dans la police

à lyon, ELISA RIBERRY-FRISULLO

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Les policiers ont été placés en garde à vue au commissariat de Villeurbanne, mardi.
Les policiers ont été placés en garde à vue au commissariat de Villeurbanne, mardi. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Moins d'un an après l'affaire Neyret, la police lyonnaise se serait bien passée d'un nouveau scandale. Mardi matin, treize personnes, dont sept policiers travaillant à la sécurité publique du Rhône et au commissariat de Vénissieux, ont été interpellées à leur domicile et sur leur lieu de travail, dans le cadre d'une affaire présumée de corruption et de trafic d'influence. Les fonctionnaires, âgés de 35 à 45 ans, selon une source policière contactée par 20 Minutes, ont été placés en garde à vue dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale à Villeurbanne. Deux délégués du procureur, « des policiers à la retraite, chargés de régler les petits litiges dans les maisons de justice », sont également mis en cause, selon cette source.

« Liaisons dangereuses »
Tous sont soupçonnés d'avoir entretenu des relations douteuses avec deux frères de Vénissieux, trafiquants présumés. La suite des investigations, menées depuis un an par la sûreté départementale du Rhône et la police des polices, devra établir si ces fonctionnaires ont entravé des procédures touchant cette famille et perçu, en contrepartie, des avantages matériels. Ces fonctionnaires « ont des choses à dire et ils les formulent sereinement, a indiqué mardi l'avocat de deux des sept policiers, Me Gabriel Versini. Ils sont gardés à vue pour des relations à la lisière du professionnel/privé et des liaisons dangereuses. Mais on est à des années-lumière de l'affaire Neyret. » Il n'en reste pas moins que, quelques jours après la révocation de l'ex-numéro 2 de la PJ de Lyon par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, cette affaire est un nouveau coup dur pour les policiers. « Je suis consterné. Mais ces fonctionnaires ont droit à la présomption d'innocence. Cette affaire prouve aussi que dans la police nationale, ce n'est pas l'omerta », a réagi Jean-Paul Borrelli, du syndicat Alliance. « Il faut rester prudent et ne pas généraliser. Il n'y a pas que des flics ripoux dans la police », indique Thierry Clair, du syndicat Unité Police.