Tuerie de Chevaline: De nouvelles vérifications sur les lieux du crime

HAUTE-SAVOIE La police française se trouvait à nouveau sur le site de Chevaline, ce lundi soir...

M.Gr. avec agences

— 

Des gendarmes à Chevaline (Haute-Savoie), à proximité du parking où ont quatre personnes ont été tuées le 5 septembre 2012.
Des gendarmes à Chevaline (Haute-Savoie), à proximité du parking où ont quatre personnes ont été tuées le 5 septembre 2012. — J.-P. CLATOT/AFP PHOTO

Les enquêteurs français sont de retour sur le site de Chevaline, ce lundi soir. A la demande des juges d’instructions, ils procèdent à de nouvelles vérifications sur les lieux du crime, fermés aux piétons, «pour se replonger sur les lieux, vérifier du chronométrage, ce genre de choses», détaillait un responsable de la gendarmerie.

>>Pour revivre les événements de la journée, c'est par ici

Un peu plus tôt dans la journée, la police britannique avait quant à elle levé une alerte aux explosifs au domicile de la famille Al-Hilli, dans la banlieue de Londres, où aucun élément dangereux n'a finalement été retrouvé, selon une porte-parole des forces de l'ordre.

A la suite de la découverte d'«éléments» suspects, un camion de déminage s'était pourtant garé dans la matinée devant la maison de Saad al-Hilli, un ingénieur britannique d'origine irakienne retrouvé mort mercredi dernier sur les hauteurs du lac d'Annecy avec son épouse, sa belle-mère, et un cycliste de passage.

La thèse d’un différend familial

Les policiers britanniques, qui perquisitionnent depuis plusieurs jours dans la maison de Claygate, près de Londres, avaient découvert ces éléments suspects «lorsque la perquisition a été étendue du bâtiment principal aux dépendances dans le jardin», a expliqué la porte-parole de la police du Surrey.

L'accès au village situé au sud-ouest de la capitale britannique avait alors été bouclé et les maisons voisines avaient été évacuées, avant que l'alerte soit levée.

«Les habitants évacués auparavant par précaution ont été autorisés à regagner leur domicile. Le cordon de sécurité autour de la résidence et du jardin restera en place tant que se poursuivra la perquisition», a ajouté la porte-parole.

Les enquêteurs français et britanniques poursuivent leurs investigations, en France et en Grande-Bretagne, avec pour pistes de travail, «sérieuses, intéressantes», la thèse d'un différend familial, un crime lié à la profession du père des fillettes «ou éventuellement ses origines irakiennes», a dit dimanche le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud.

«Sauvagerie inouïe»

Ce dernier a précisé ce lundi qu'une seule arme avait été utilisée dans la tuerie, sans toutefois confirmer qu'il s'agissait d'un 7.65, un calibre largement répandu en France pour avoir été utilisé dans le passé dans l'armée et la police.

Environ 25 douilles ont été retrouvées sur la scène du massacre et chaque victime a reçu au moins deux balles dans la tête. Eric Maillaud a parlé de «sauvagerie inouïe» et a pris ses distances avec le terme «d'exécution.»

La fillette de sept ans grièvement blessée lors de la tuerie est sortie du coma artificiel dans lequel elle était maintenue au CHU de Grenoble et sera entendue par les enquêteurs dès que son état le permettra, a précisé le procureur. La soeur cadette de Zainab al Hilli, Zeena, quatre ans, qui a échappé au drame en se cachant sous les jambes de sa mère, a regagné le Royaume-Uni dimanche.

Eric Maillaud a confirmé que la femme plus âgée retrouvée morte était la grand-mère maternelle des enfants, d'origine irakienne mais possédant un passeport suédois.

Contrat secret

Saad al-Hilli était ingénieur à Surrey Satellite Technology (SSTL), une entreprise de satellites basée dans le Surrey. Selon la presse britannique, il travaillait sur un contrat secret en relation avec l'industrie de défense britannique.

La police britannique s'est refusée à tout commentaire sur ces informations, ainsi que sur le passé de Saad al-Hilli, qui était, selon certains médias, connu des services de sécurité et sous surveillance.

En revanche, le procureur d'Annecy a affirmé la semaine dernière que le père de famille était totalement inconnu des services français et britanniques.