Michèle Delaunay: «Les suicides des personnes âgées sont sous-évalués»

PRÉVENTION a ministre souhaite mieux former les personnels...

Delphine Bancaud

— 

La ministre Michèle Delaunay.
La ministre Michèle Delaunay. — S.ORTOLA / 20 MINUTES

A l'occasion de la Journée de prévention du suicide, qui a lieu ce lundi, la ministre déléguée en charge des Personnes âgées dévoile son plan d'action pour lutter contre ce fléau.

Cet été, vous vous êtes alarmée du taux élevé de suicide chez les personnes âgées. Quelle est l'ampleur du phénomène?
En 2011, les plus de 65 ans représentaient 30% des 12.000 personnes qui s'étaient donné la mort. Il ne s'agissait pas d'appels au secours, mais de passages à l'acte démontrant une volonté radicale d'en finir avec la vie, comme en témoignent les trois principaux modes opératoires utilisés: pendaison, arme à feux ou défenestration. Des actes qui traduisent une immense souffrance due à un sentiment d'isolement et d'inutilité.

Quelles mesures préventives comptez-vous prendre pour endiguer ce fléau?
Dans 90% des cas, ces suicides sont liés à un état dépressif, qui est sous-diagnostiqué. Il est donc impératif de mieux forger les personnels. Je vais donc élargir la diffusion de la malette Mobiqual (programme de formation à la détection de la dépression), afin que les professionnels de l'aide à domicile puissent en bénéficier. Car cette formation n'est actuellement dispensée que dans les Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées déêndantes). J'ai aussi demandé au gérontopôle de Toulouse de concevoir un film sur les méthodes de dépistage des fragilités des personnes âgées, qui sera diffusé aux acteurs du secteur à domicile au cours de l'année 2013. J'ai également demandé à tous les médecins coordinnateurs des Ehpad de faire de la prévention du suicide leur priorité.

Soutenez-vous la création d'un observatoire des suicides?
Il est impératif d'obtenir des données plus fiables sur les suicides des âgés, qui sont sous évalués. A cet égard, l'intérêt de créer un observatoire mérite d'être examiné en impliquant les professionnels du secteur : gérontologues, institutionnels et chercheurs. Mais cette question devra être discutée en temps utile avec les autres ministères concernés.