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DRAMÉDIE« Besoin d’amour » ou la quête d’un acteur porno en manque de tendresse

« Besoin d’amour » ou les tribulations d’un acteur porno en manque de tendresse

DRAMÉDIE
« Besoin d’amour » suit la quête d’amour aussi drôle que tendre d’un acteur porno sur le déclin
Dans la série qu'il a créé, Frédéric Hazan incarne Marco Delgado, un acteur porno en mal d'amour.
Dans la série qu'il a créé, Frédéric Hazan incarne Marco Delgado, un acteur porno en mal d'amour.  - Phase 4 Productions/OCS / OCS
Anne Demoulin

Anne Demoulin

L'essentiel

  • La série Besoin d’amour est diffusée à partir de ce jeudi à 21h sur OCS.
  • Son créateur, Frédéric Hazan se glisse dans la peau de Marco Delgado, un acteur porno sur le déclin en quête d’amour.
  • Cette comédie douce-amère pose une question existentielle : peut-on vivre sans amour ?

Peut-on vivre sans amour ? C’est la question que s’est posée le scénariste, réalisateur et acteur Frédéric Hazan (ancien auteur pour Les Guignols qui s’est notamment distingué en écrivant les longs-métrages Bis et Forte et la série Mike) quand il a créé la dramédie romantique Besoin d’amour, diffusée ce jeudi à 21h sur OCS Max. Dans cette série en six épisodes, Frédéric Hazan se glisse dans la peau de Marco Delgado, un acteur porno sur le déclin, qui travaille comme videur dans une boîte de nuit pour arrondir ses fins de mois. Mais depuis quelque temps, Marco est pris d’étranges malaises, il s’effondre pour un oui ou pour un non et tombe inanimé, comme foudroyé. Après avoir étudié son cerveau, on lui diagnostique un bien étrange mal : Marco souffre d’un manque d’amour. S’il ne trouve pas l’amour, un jour, il pourrait s’effondrer et ne jamais se relever. Le point de départ d’une quête aussi burlesque que tendre et sous ses faux airs absurdes, pleine de sens.

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Au centre de l’intrigue, Marco Delgado, Marc Guttman de son vrai nom, acteur porno bien membré qui ne tourne plus grand-chose depuis longtemps. Sa modeste carrière, besogneuse, touche à sa fin. « Je voulais vraiment parler d’un acteur porno sur le retour qui ne travaille plus beaucoup et qui ne comprend plus vraiment ce nouveau monde du porno. Cela m’intéressait de voir quelqu’un à la ramasse, qui essaye de bosser, mais n’a plus vraiment l’envie », explique Frédéric Hazan que 20 Minutes a rencontré à Séries Mania.

La difficile réinsertion des stars du X

Marco Delgado est dépassé, tout comme son agent (Gérard Jugnot)  : « Ils ont connu un monde du porno où les films avaient des scénarios, qui valaient ce qu’ils valaient, mais il y avait une volonté de faire quelque chose de cinématographique. Marco était dans un truc familial avec toujours les mêmes réalisateurs et les mêmes actrices », développe le créateur de Besoin d’amour.

D’ailleurs, Marco partage sa vie avec sa colocataire, Laura (Laëtitia Vercken), elle aussi une ancienne actrice X, qui essaie de vivre de véritable passion, la peinture. En filigrane, Frédéric Hazan dépeint la stigmatisation et la difficile reconversion des anciennes stars du X. « Quand il souhaite devenir acteur et que l’on découvre son parcours d’acteur porno, cela se passe extrêmement mal. Pour Laura, c’est différent, parce qu’elle a une vraie passion, un vrai truc qui la tient, elle peint, c’est une vraie artiste. Marco flotte, il n’a rien à quoi se raccrocher », commente Frédéric Hazan.

La nuit, pour arrondir ses fins de mois et noyer dans l’alcool sa mélancolie, il travaille dans une boîte de nuit où Tom (Maxence Danet-Fauvel, vu notamment dans Skam France), son jeune collègue serveur qui le couvre souvent auprès de la boss du lieu. « Tom est le bon pote qui file à ce collègue de taf en détresse des verres quand il est dans la merde avec sa patronne. Peu à peu, Tom va prendre de la place et s’immiscer dans la vie de Marco », explique Maxence Danet-Fauvel.

En plus de boire plus que de raison, Marc commence à avoir des problèmes de santé : il est pris de violents malaises… Le diagnostic tombe : il a besoin d’amour sinon il décédera. « J’en ai parlé avec un pote neurologue, qui m’a dit que si un cerveau, totalement privé d’amour, ne sécrétait plus rien… On pourrait s’effondrer, peut-être pas en mourir, mais ne plus avoir d’énergie, de force et tomber comme le fait Marco. C’est plausible », relate Frédéric Hazan.

Le portrait d’une société de plus en plus individualiste

Le début « d’une fable un peu surnaturelle » et d’une quête aussi irrésistiblement drôle que touchante, qui raconte en sous-texte notre société de plus individualiste où chacun se replie derrière son écran. « Après le confinement, on ne savait plus si on pouvait se serrer la main, mais on a besoin de se toucher, de se sentir et c’est ce qui a manqué à Marco. Il avait du sexe dans son métier, mais la tendresse lui a manqué », commente le créateur de la série.

Marco va se mettre à chercher l’amour, tout d’abord auprès de sa mère adoptive, Mireille Guttman (Clémentine Célarié), inénarrable pédopsychiatre à la dent dure, qui ne s’est jamais occupé de lui. « Marco essaye souvent d’éteindre sa mère, de la prendre dans ses bras. Elle ne veut pas parce qu’elle a un problème relationnel assez évident », s’amuse Fredéric Hazan. « Ce rôle m’a amusé et m’a excité monstrueusement. J’ai adoré. Cela fait longtemps que j’attendais un Frédéric Hazan », salue Clémentine Célarié.

« Marco a quand même une forme de courage, de résilience… Notamment vis-à-vis de sa mère, qui est très dure avec lui. Il ne lui en veut pas, il lui pardonne. Il a un fond assez bienveillant. C’est plutôt un bon gars, mais c’est une sorte d’enfant sauvage qui n’est pas fini », estime le créateur de la série. Sa route croisera aussi celle de Lila (Anouk Villemin). « La relation entre eux évolue beaucoup et est très complexe : parfois, il joue son père, parfois, elle fait sa mère, parfois son pote. Cela mélange plein de sentiments et de type de relations », commente l’actrice.

Trouvera-t-il un semblant d’amour auprès de sa mère distante, auprès de la mythomane et compulsive Lila ou était-il juste en face de lui avec Laura ? Une multitude de personnages, finalement pas beaucoup mieux lotis que Marco. « Il a plein de gens autour de lui. Au début, je voulais mettre “Besoin d’amour” au pluriel. Ils sont tous ensemble, mais ne savent pas se dire qu’ils s’aiment, par pudeur ou par maladresse », conclut Frédéric Hazan. Parce que si cette comédie douce-amère touche en plein cœur, c’est qu’elle décrit incidemment, dans une atmosphère faussement chaotique, la mécanique de nos solitudes modernes.

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