20 Minutes : Actualités et infos en direct
LIBIDO« Septième ciel » ose aborder le sujet tabou de la sexualité des seniors

« Septième ciel » ose aborder le sujet tabou de la sexualité des seniors

LIBIDO« Septième ciel » raconte l’histoire d’amour de Rose et Jacques, deux octogénaires en maison de retraite
Rose (Sylvie Granotier) et Jacques (Feodor Atkine)  dans « Septième Ciel ».
Rose (Sylvie Granotier) et Jacques (Feodor Atkine) dans « Septième Ciel ».  - Next Episode/OCS / OCS
Anne Demoulin

Anne Demoulin

L'essentiel

  • Septième ciel, diffusé ce jeudi sur OCS, a reçu le prix de la meilleure série en 26 minutes au dernier Festival de la Fiction de La Rochelle.
  • Cette série raconte une histoire d’amour entre deux octogénaires dans une maison de retraite.
  • Une série audacieuse qui bouscule les codes de la représentation des séniors à l’écran.

Il n’y a pas d’âge pour s’aimer ! Septième ciel, diffusé ce jeudi sur OCS, raconte une histoire d’amour entre deux octogénaires, Rose (Sylvie Granotier) et Jacques (Feodor Atkine) dans une maison de retraite. Une série hilarante, tendre, piquante et audacieuse coécrite écrite par Clémence Azincourt, Clément Marchand et Alice Vial, qui signe également la mise en scène des dix épisodes. Prix de la meilleure série en 26 minutes au dernier Festival de la Fiction de La Rochelle, cette série bouscule les codes de la représentation des séniors à l’écran. Et c’est tant mieux.


L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Tout commence lorsque Jacques, devenu trop encombrant pour la vie de couple de sa fille Isabelle (Irène Jacob), est placé dans une résidence pour personnes âgées. Si l’ancien militaire veuf voit d’abord la résidence des Dunes comme un mouroir, sa rencontre avec Rose change la donne.

« Déconstruire l’identité assignée de vieux »

« Quand on voit des personnes âgées dans des Ehpad, souvent, on ne voit que des vieux. On oublie que ces personnes ont été jeunes, amoureuses, folles, etc. Ils ont eu mille vies. Ils ont eu 20 ans dans les années 1960, ils écoutaient du rock, pas Charles Trenet. On a essayé de déconstruire l’identité assignée de vieux », souligne Clément Marchand lors d’une table ronde au Festival de la Fiction de La Rochelle. « Ce sont des personnes, des individus, et déjà si on change ce regard-là, de savoir qu’on a affaire à une personne et pas à une espèce, on aura gagné quelque chose », renchérit Sylvie Granotier.

À 80 ans, tous les deux redécouvrent l’amour et le plaisir physique. « Ce sont juste des personnages qui tombent amoureux et il se trouve qu’ils sont plus âgés. Les personnes âgées ou des maisons de retraite ne sont pas un thème », avertit Clémence Azincourt. « Ce n’est pas une série sur les maisons de retraite, c’est une histoire d’amour dans une maison de retraite. L’arène est traitée comme une arène et pas comme le sujet », abonde Clément Marchand. Et de préciser : « On a fait le pari d’un endroit qui va bien. »

« On avait envie de sublimer ces deux personnages »

« On avait envie d’être dans la projection et d’assumer du romanesque et effectivement, quand j’ai vu Feodor Atkine et Sylvie Granotier en casting, je les ai trouvés beaux et sexy. On s’est dit qu’on n’allait pas faire un documentaire réaliste, mais se dire : "Ça, c’est possible et ils vont nous faire rêver comme d’autres personnages plus jeunes nous feraient rêver." On n’a pas cherché d’hyperréalisme. On avait envie de sublimer ces deux personnages », développe Alice Vial.

Leur histoire d’amour va tout à la fois être semée d’embûches et semer la zizanie au sein de la résidence. « Evidemment, ils ont leurs propres obstacles à eux. Mais ce qui les empêche de s’aimer, cela va être beaucoup l’extérieur. Ils deviennent rapidement un couple et c’est compliqué de se rencontrer et de s’aimer dans un lieu comme cela », raconte Alice Vial.

« La sexualité chez les seniors est souvent taboue »

Leur relation perturbe leur entourage parce qu’elle questionne la libido de chacun : leur famille, le personnel soignant et la direction de l’établissement. Comment s’aimer quand chaque résident doit se coucher seul dans sa chambre ? Comment s’aimer quand les enfants infantilisent ? Ils vont s’aimer comme des ados en cachette.

10 % des résidents de maisons de retraite ont pourtant une sexualité. « "Je suis trop vieille ou vieux pour aimer à nouveau", voilà ce que pensent beaucoup de seniors célibataires. La vie sentimentale, mais plus important encore la sexualité chez les seniors sont souvent des sujets tabous, peu traités par la télévision française », souligne Alice Vial, qui, dans son discours de remise de prix au Festival de la Fiction de La Rochelle, espère que cette série donnera « envie de vivre et aimer à tout âge avec humour et émotion ».

Sujets liés