« Plus belle la vie », un soutien sans faille de la communauté LGBT

télé Précurseur en matière de représentation, le feuilleton « Plus belle la vie » a fait évoluer les mentalités sur les questions LGBT

Anne Demoulin
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Joakim Latzko (Riva Gabriel) et Laurent Kerusore (Thomas Marci) dans l’épisode spécial de « Plus belle la vie » intitulé « Sept mariages pour un enterrement » diffusé ce vendredi à 21h10 sur France 3.
Joakim Latzko (Riva Gabriel) et Laurent Kerusore (Thomas Marci) dans l’épisode spécial de « Plus belle la vie » intitulé « Sept mariages pour un enterrement » diffusé ce vendredi à 21h10 sur France 3. — Olivier MARTINO - FTV - TELFRANCE
  • « Plus belle la vie » tire sa révérence ce vendredi sur France 3 avec une soirée spéciale qui débute à 20h15.
  • Le documentaire « La grande aventure “Plus belle la vie” », qui raconte comment le soap a changé la vie des acteurs de la série, va conclure cette soirée d’adieux au Mistral.
  • Pendant dix-huit ans, le feuilleton quotidien a aussi changé la vie de ses téléspectateurs avec une représentation inédite des personnes LGBTQ + dans la fiction française.

Pendant dix-huit ans, Plus belle la vie a montré à quel point LGBT rime avec normalité ! Le couple homosexuel formé par le barman du Mistral Thomas Marci et le médecin Gabriel Riva, l’avocate bisexuelle Céline Frémont, l’ado lesbienne Léa Leroux, l’ado pansexuel Tom Gassin ou encore l’ado transgenre Antoine Bommel font partie de la grande famille du feuilleton de France 3, dont les deux derniers épisodes seront diffusés ce vendredi à 20h15. Comment cette représentation de personnages LGBT dans une série à succès sur une chaîne du service public à une heure de grande écoute a changé la vie de certaines personnes LGBT et les mentalités ?

Plus belle la vie a été le théâtre du premier baiser gay dans un feuilleton grand public français en 2005 et celui du premier mariage gay en 2013. « Cette série a fait preuve d’un certain courage et d’une intelligence dans l’écriture et l’appréhension des intrigues », félicite Corentin, 22 ans, citant « les sujets de l’homosexualité (abordé très tôt, bien avant le mariage gay) » et « plus récemment la transidentité ». En 2018, Jonas Ben Ahmed devient le premier acteur trans à jouer dans une série française grand public à la télévision française dans le rôle de Dimitri.

« Porter un regard différent sur des sujets tabous »

A la pointe des sujets de société, Plus belle la vie a traité des thèmes des LGBTphobies, du coming-out, de la transition, du mariage pour tous, de la PMA, de la GPA ou encore de l’homoparentalité.  « J’ai toujours apprécié le fait que Plus belle la vie aille au-delà du simple divertissement et qu’elle fasse aussi en sorte de changer les mentalités, de porter un regard différent sur des sujets tabous », souligne encore Corentin.

« Plus belle la vie est peut-être le meilleur objet de fiction engagée », estimait la réalisatrice Rebecca Zlotowski, qui a signé la mise en scène de quelques épisodes du feuilleton, dans SoFilm en 2017. « Nous ne sommes pas là pour donner des leçons, pour provoquer ou moraliser. Nous voulons simplement relater des situations de la vraie vie, susceptibles d’être vécues par M. et Mme Tout-le-Monde », expliquait Pascal Tomasini, producteur exécutif du feuilleton, dans les colonnes de TV Magazine en 2009.

« “Plus belle la vie” a fait l’effet d’un refuge »

Arthur, 25 ans, a commencé à suivre le feuilleton à l’âge de huit ans. Thomas Marci a changé sa vie : « C’était la première fois que je voyais un homme embrasser, aimer un autre homme à la télévision. Il m’a permis d’accepter mon attirance pour les garçons, et de me sentir normal. »

Le jeune homme est toujours un fidèle téléspectateur du feuilleton de France 3.  « La série m’a accompagné ces 18 dernières années, même lorsque la société montrait un visage très peu tolérant. Elle a fait l’effet d’un refuge, d’une bulle d’oxygène. Enfin, elle a surtout permis d’aborder de nombreux sujets sociétaux, et m’a permis de voir comment mes proches réagissaient », confie-t-il encore.

« J’ai compris que je n’étais pas anormal »

« Tom Gassin, récurrent de janvier 2018 à août 2020, a sans aucun doute changé ma vie », raconte de son côté Lucas, 24 ans. Un personnage auquel le jeune homme s’est identifié : « J’ai ressenti cette connexion entre le personnage et moi dès sa première apparition ».

Ce personnage de « garçon tendre, sensible, fragile, émotif et sentimental n’avait pas peur qu’on le perçoive ainsi alors même que ça n’est pas très valorisé, et il n’hésitait pas à rejeter la virilité et à la masculinité », salue le jeune homme. Et de poursuivre : « Les deux ans et demi durant lesquels il a été présent dans la série m’ont vraiment aidé à assumer ma façon d’être parce qu’il l’assumait aussi, et ça m’a fait grandir et m’a permis de mieux m’accepter. »

Malgré une courte présence à l’écran, Tom Gassin a eu un impact positif sur le jeune homme : « Il a changé ma vie, plus qu’on ne saurait l’imaginer, car c’est grâce à lui que j’ai compris que je n’étais pas anormal et que ma façon d’être avait autant de valeur que les autres, et c’est grâce à lui que je l’assume ».

« Découvrir le ressenti des autres »

Si la série phare de France 3 a permis à certaines personnes LGBT de mieux s’accepter, elle a donné aux autres un aperçu de ce qu’elles traversaient. « Plus belle la vie m’a appris de découvrir le ressenti des autres dans leurs expériences de vie qui me sont inconnues », résume la Belge Marie-Charlotte, 33 ans.

Et d’ajouter : « Plus belle la vie m’a aidée à démystifier les sujets et les préoccupations du quotidien, à m’ouvrir l’esprit et à devenir celle que je suis aujourd’hui » citant en vrac le thème de la bipolarité (avec Théo et Delphine), des sectes (avec Patrick), des SDF (avec Sabrina) ou encore de la vie carcérale (avec Karim et Elsa). Pendant dix-huit ans, Plus belle la vie n’a cessé de rimer avec plus d’acceptation !