« Darknet-sur-mer » : La rencontre improbable de deux geeks de Charente-Maritime avec la mafia albanaise

SERIE Amazon Prime Video met en ligne ce vendredi 7 octobre la série « Darknet-sur-mer », une comédie rafraîchissante qui lorgne du côté de l’action. Rencontre avec les comédiens.

Xavier Héraud et Anne Demoulin
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Léon Plazol et Théo Fernandez, dans « Darknet-sur-mer »
Léon Plazol et Théo Fernandez, dans « Darknet-sur-mer » — WHITE LION FILMS
  • Darknet-sur-mer, écrite et réalisée par Rémy Four et Julien War, est disponible sur Amazon Prime Video à partir du 7 octobre.
  • Cette série de six épisodes raconte l’histoire de deux potes geeks qui se trouvent confrontés à deux membres de la mafia albanaise à la suite d’une arnaque montée sur le Darknet.
  • Pour 20 minutes, les cinq comédiens principaux reviennent sur leur rôle et, pour les deux binômes, sur l’alchimie avec leur partenaire.

Un vent de fraîcheur souffle sur la fiction française et en particulier sur Amazon Prime Video. Après la très réussie Miskina, la pauvre, mise en ligne le 30 septembre, voici Darknet-sur-mer, écrite et réalisée par Rémy Four et Julien War, disponible sur la plateforme de Jeff Bezos.

A Ponet-sur-mer, petite ville côtière fictive de Charente-Maritime, Flo (Théo Fernandez) et Ben (Léon Plazol), deux jeunes potes geeks montent une petite arnaque en forme de blague. Sur le Darknet – une version anonymisée du web qui héberge de nombreuses activités illégales – ils créent une fausse page de la mafia albanaise où l’on peut louer les services d’un tueur un gage. Les ennuis commencent lorsqu’un véritable membre de ladite mafia (Artus), incapable de passer à l’action, fait appel à leurs services et découvre qu’il s’est fait flouer.

Le double duo geeks/mafieux

Entre comédie et thriller, Darknet-sur-mer s’appuie sur un double duo, celui des geeks et celui des mafieux. Dans le rôle des geeks, on retrouve Théo Fernandez, qui tenait notamment le rôle-titre dans Gaston Lagaffe, et Léon Plazol. L’alchimie entre les comédiens s’est révélée dès le casting, comme nous l’explique Théo Fernandez : « Quand, à un casting, ils essaient de voir si un duo matche, je déteste ça. Je déteste quand c’est forcé, qu’on doit faire genre on est super complice. (…) Et pourtant, très naturellement Léon m’a fait rire. On a vite vu qu’on pouvait s’entendre sur l’humour et ça n’était pas du tout forcé. Ce n’était tellement pas forcé qu’il y avait des moments où on rigolait au point doublier les gens dans la salle : les réalisateurs, la directrice de casting, la cadreuse... Ce sont eux qui nous ont dit « bon on va faire la scène ». Et là j’ai pensé : « OK, que ce soit nous ou pas, il y a un truc ». »

Un sentiment partagé par Léon Plazol : « Il y a eu une sorte d’évidence notamment liée au fait qu’on s’est un peu toujours suivi dans nos carrières respectives, on a passé les mêmes castings, on a tous les deux commencé assez jeunes et du coup il y avait une espèce de truc, c’était normal qu’on se retrouve à un moment à bosser ensemble. »

Astérix et Obélix

Même chose pour le duo des mafieux, Aklan et Veran, incarné par Artus et Imer Kutlovci. « Ça a matché très vite, il n’y a pas eu de guerre d’ego comme il peut y avoir parfois, donc on a été vite très proches et ça a été hyper agréable. », rapporte Artus. Au-delà de cet aspect, ils ont pris plaisir à composer ce tandem de mafieux composé, en apparence du moins, d’un doux et d’un dur. « C’est un peu Astérix et Obélix », blague Imer Kutlovci. Tous deux ont apprécié l’ambivalence de leur personnage. Artus, qui jouait un agent de la DGSE dans Le bureau des légendes, passe cette fois-ci de l’autre côté : « Jouer un méchant c’est toujours cool. Mais là c’est un méchant qui joue au méchant mais qui ne l’est pas vraiment », explique-t-il.

Imer Kutlovci, lui, se réjouit que pour une fois on lui propose un truand, mais avec une autre dimension : « Il y a deux faces avec Veran. Avec les autres, il est très dur très ferme avec Alkan et avec ses peurs, il est très doux et très humain. C’est ça qui crée une comédie en elle-même. »

La demoiselle de Ponet-sur-Mer

Dans cette fiction tournée à Rochefort (Charente-Maritime), elle est la seule véritable demoiselle et Joséphine Draï ne boude pas son plaisir. L’actrice-humoriste, vue dans notamment dans Plan Cœur, confie avoir adoré le côté action de son rôle de policière du village. « C’était très excitant pour moi de savoir que j’allais avoir des cascades, de la bagarre, du maniement d’armes. Tout le monde peut s’imaginer que c’est chouette à faire quand on ne l’a jamais fait. » Dans cette brigade de bras cassés, emmenée par l’ex-Inconnu Pascal Légitimus, elle est la seule à prendre son métier un minimum au sérieux. Lorsque son frère Ben se retrouve aux prises avec la mafia albanaise, elle va enfin avoir une occasion de travailler sur une vraie affaire et faire un peu autre chose que vérifier les emplacements à la fête de l’huître.

Au final, c’est Joséphine Draï [pour l’anecdote, elle est la fille du batteur de Bashung, et la Joséphine de Osez Joséphine] qui résume le mieux l’esprit de Darknet-sur-mer :  « C’est une comédie, assez cynique, toujours sur le fil, ce ne sont pas des gros gags potaches. Dans l’écriture c’est assez précis, il y a un vrai rythme et ce genre de choses ça pêche un peu en France. Il y a beaucoup d’humour qui repose sur des situations de malaise, sur des gens qui sont un peu gênés d’être là où ils sont. » Et ça, ajoute-t-elle : « c’est plutôt anglo-saxon ».