« Désordres »: La première série de Florence Foresti, entre autofiction et « Sex and the city » parisien

Series Alors qu'elle retrouve actuellement la scène avec son nouveau spectacle « Boys, Boys, Boys », Florence Foresti débarque sur Canal + avec « Désordres » , une série où elle joue son propre rôle

Xavier Héraud et Anne Demoulin
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Anouk Féral (Julia), Laëtitia Vercken (Manue), Florence Foresti
Anouk Féral (Julia), Laëtitia Vercken (Manue), Florence Foresti — © COMME UNE GRANDE/ICONOCLAST
  • Désordres est la première série de Florence Foresti. En plus d'y jouer, l'humoriste l'a co-écrite, produite et réalisée. 
  • Canal+ diffuse les huit épisodes à partir du lundi 3 octobre. Deux épisodes à la fois, chaque lundi à 21 heures. Ils seront disponibles aussi sur MyCanal.
  • Le Désordres du titre renvoie aux « désordres anxieux » dont Florence Foresti souffre. 

Les désirs de Florence Foresti font-ils Désordres ? Canal + diffuse à partir de ce lundi 3 octobre la première série de et avec Florence Foresti. L’humoriste y incarne son propre rôle, au moment où elle écrit son spectacle Epilogue (joué en 2018). On la suit dans sa vie de mère célibataire, avec sa bande de copines, son anxiété chronique, le co-auteur de ses sketchs (qui aime écrire en slip), ses rencontres avec les hommes, ses problèmes de wifi…

Cette série, Florence Foresti en avait envie depuis longtemps. « C'est une idée qui m’habite depuis toujours, indique-t-elle. Je suis fan de séries. Je suis née en 1973, donc pour moi c’est beaucoup les années 1990 qui m’ont marqué, Sex and the City, Friends, Seinfeld… Mais il fallait attendre le bon moment. » Et ce moment est arrivé après le spectacle Madame Foresti, en 2016 :  « J’avais l’impression d’avoir fait beaucoup de choses, sur scène, seule en scène, je me suis dit que c’était le bon moment pour aller explorer pour me diversifier pour grandir », explique-t-elle.

L’autofiction, une évidence

Pour l’artiste, le registre de l’autofiction était une évidence, avec des inspirations comme les américains Louis C.K., Pamela Adlon ou l’anglais Ricky Gervais. « J’avais envie de faire une autofiction, parce que je suis très intéressée par ma personne », blague-t-elle, avant d’ajouter : « J’ai un souci d’authenticité dans mon travail, d’ailleurs on le voit sur scène, je ne peux pas m’empêcher de parler de ce qui m’arrive. Au moment M où je monte sur scène, je me nourris de ce que j’ai vécu avec ma fille à l’école, avec les hommes, etc. Et pour la série, pareil. »

Effectivement, Florence Foresti s’inspire de sa propre vie pour la série, avec un certain souci du détail : l’appartement où elle vit est un appartement où elle a vraiment vécu, le chien dans la série est le neveu de son chien et sa très caustique femme de ménage à l’écran est aussi sa femme de ménage dans la vie. Mais c’est peut-être pour mieux brouiller les pistes. « Mon ambition n’a jamais été de dire « regardez-moi, apprenez à me connaître ». Je n’en ai strictement rien à foutre. Je n’ai pas du tout envie que les gens me connaissent. »

Parler de santé mentale

L’important pour elle, était avant tout de parler de santé mentale « pour soulager éventuellement les gens qui en souffrent et pour déculpabiliser les gens de se soigner ». Le titre renvoie d’ailleurs aux « désordres anxieux », dont souffre l’humoriste. « Bien que nous soyons le premier pays en termes de consommation d’antidépresseurs apparemment, il y a encore beaucoup de tabou, de culpabilité à aller vers la médecine et une culpabilité à tomber en dépression. », analyse-t-elle. Dans la série, ce trouble possède même son propre personnage, qui n’est jamais nommé mais qui est crédité comme « La mort » au générique.

« J’avais envie de montrer ce que c’est de vivre avec la peur de mourir tout le temps. Je me suis dit que ça pouvait être bien de le montrer avec un personnage qui vous colle aux basques, qui intervient à n’importe quel moment de votre vie. Le personnage incarne mes troubles de l’anxiété, mon désordre anxieux. Le faire interpréter par un comédien permettait d’avoir quelque chose de plus ludique plutôt que la sombre réalité des troubles de l’anxiété qui ne sont pas très chouettes à filmer. »

Une série tiraillée entre autofiction et Sex and the city à la sauce parisienne

En passant — temporairement — de la scène de la scène au petit écran, Florence Foresti peut donc ainsi s'autoriser un peu plus de gravité que d'habitude. Mais cela fonctionne-t-il ? La question se pose car les Désordres du titre peuvent aussi s’appliquer à l’ensemble de la série, qui semble parfois se chercher, tiraillée entre auto-fiction d’humoriste et Sex and the city à la sauce parisienne. L’humour habituel de Florence Foresti fonctionne toujours évidemment, mais là où Désordres touche le plus juste, c’est dans les petits moments de quotidien. Comme lorsque l’humoriste fait de la « délinquance parentale » pour voir en douce sa fille répéter son spectacle de fin d’année alors que ce n’est pas sa semaine de garde. Ou quand, au téléphone avec une amie en souffrance, elle est harcelée par des fans pour des selfies. Peut-être au final quand Florence fait un peu moins sa Foresti. 

Il faudra en tout cas s'en contenter, car lors de la conférence de presse de présentation de la série, l'humoriste, qui joue actuellement son nouveau spectacle, Boys, boys, boys au Théâtre Marigny à Paris, a annoncé qu'aucune saison 2 n'était prévue pour le moment.