« Syndrome E » : Genèse de la minisérie choc qui débarque sur TF1

SERIE Après une présentation au festival Séries Mania, et une diffusion sur Salto depuis fin juillet, « Syndrome E » arrive sur TF1 jeudi 29 septembre. L’équipe du film nous raconte les coulisses de cette adaptation d’un roman de Franck Thilliez.

Xavier Héraud et Anne Demoulin
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Vincent Elbaz et Jennifer Decker dans « Syndrome E »
Vincent Elbaz et Jennifer Decker dans « Syndrome E » — Caroline Dubois - Escazal - TF1
  • TF1 diffuse la série « Syndrome E », à partir de jeudi 29 septembre.
  • C’est une adaptation du livre de Franck Thilliez, « Le syndrome », paru en 2010.
  • Au casting, on retrouve Vincent Elbaz, Jennifer Decker, Kool Shen, Michèle Bernier, Emmanuelle Béart et Dominique Blanc.

Visionner certains types d’images peut-il vous transformer en tueur ou en tueuse ? C’est l’énigme à laquelle sont confrontés le commissaire Sharko et l’enquêtrice Hennebelle dans Syndrome E, la mini-série de six épisodes diffusée par TF1 à partir du jeudi 29 septembre. Ce polar, qui explore l’univers des neurosciences, est une adaptation du roman Le syndrome E, signé Franck Thilliez (Editions Fleuve noir, 2010).

Dans le rôle de Franck Sharko, flic brillant, mais affligé d’un deuil impossible, Vincent Elbaz est quasi méconnaissable, avec ses cheveux grisonnants, son visage émacié et son air taciturne. « C’est quelqu’un qui est traumatisé, qui est très dur à l’extérieur, qui se consume à l’intérieur, qui est très tourmenté, explique le comédien. Il est aussi en contact avec le mal et il aime ça. Mais en même temps il est traversé par l’humanité des autres. Et il souffre. »

« La transformation physique, c’est ma cuisine »

A l’écouter, la transformation ne lui a pas posé beaucoup de problèmes : « Pour moi ce n’est pas très compliqué, on me donne un personnage qui ne dort pas, qui est insomniaque et qui a des traumas, donc pour moi il faut qu’il soit amaigri, il faut perdre du poids. Après on me dit, il est capable de sauter d’une fenêtre. Donc il faut aussi être physique. Alors, on va faire ce qu’il faut. » Vincent Elbaz indique être allé chercher des informations sur le physique de son personnage, tout en y ajoutant sa touche :  « Franck Thilliez écrit qu’il a une coupe en brosse, qu’il a un regard un peu froid, ce qui n’est pas mon cas. Pour moi, c’est quelqu’un qui fume et boit beaucoup de café, même si on ne le voit pas le faire. La transformation physique, c’est un peu ma cuisine. Et puis on a utilisé quelques artifices, comme le maquillage. »

Dans la série, qui était disponible depuis le 22 juillet sur la plateforme Salto, le commissaire Sharko fait rapidement équipe avec l’enquêtrice de la BAC, Lucie Hennebelle, interprétée par Jennifer Decker, pensionnaire de la Comédie Française. C’est là une des différences avec le roman de Franck Thilliez. Les deux policiers sont apparus séparément dans plusieurs des polars de l’auteur et se rencontrent dans quelques autres, dont Syndrome E. Mais dans ce dernier, la rencontre intervient beaucoup plus tard dans l’histoire. Ce n’est pas tout : à l’écran, l’enquêtrice Hennebelle se retrouve beaucoup plus touchée personnellement par l’affaire que dans le livre.

« Nos personnages sont des cousins de ceux qui existent dans les livres »

Mathieu Missoffe, scénariste et showrunner s’en explique : « Notre Sharko et notre Hennebelle sont un peu des cousins de ceux qui existent dans les livres, mais je crois qu’on a respecté une forme d’ADN. » Et le scénariste, qui est loin d’être novice en matière de polar (on lui doit notamment la série Zone Blanche), de préciser : « Nous n’avions pas quatre romans derrière nous, donc j’ai senti le besoin de les faire se rencontrer de manière plus conséquente. Il fallait les présenter et les faire se rencontrer dans la même histoire, c’était un double enjeu. Après, nous sommes restés fidèles à l’esprit et à cette densité, cette intensité qu’il y a chez les personnages de Franck. »

Franck Thilliez reconnaît d’ailleurs n’avoir eu aucun mal à accepter les modifications apportées à son récit. « Avec Mathieu, le courant est passé tout de suite. C’est avant tout une histoire humaine. Il y avait du respect pour l’histoire originale et le livre. Sophie Révil, la productrice, et Mathieu ont eu la gentillesse de m’envoyer les textes, pas pour que je dise “ça ou ça, c’est pas bien”, mais pour voir si ça fonctionnait bien. Et ça s’est très bien passé. »

Un casting trois étoiles

Le casting est complété par Kool Shen, qui incarne le capitaine Virgile di Maria, Bérangère Krief, la lieutenant Clara Barksy, Michèle Bernier, en mère de Lucie Hennebelle, Dominique Blanc en inquiétante Dr Elizabeth Moreau et Emmanuelle Béart, quasi à contre-emploi, en commissaire.

Le personnage de Michèle Bernier n’est pas non plus tout à fait de le registre de la comédienne-humoriste : « Il y a quelque chose dans cette maman qui est assez étrange. C’est à la fois une femme pleine de souffrance, pleine de secrets et pleine d’amour. C’est vrai que c’était par moments un peu déstabilisant, je suis plus dans le côté amour que dans le côté sombre… J’avais l’impression d’être tout le temps sur un fil avec Laure [De Butler, la réalisatrice]. Sacrée Maman ! »

L’éfficacité de Syndrome E doit également beaucoup à la réalisatrice Laure de Butler (déjà réalisatrice de La Promesse, sur TF1), qui a su imprimer sa vision à ce polar haletant qui flirte parfois avec l’horreur (crânes découpés, yeux qui saignent) dans un Paris éloigné de la carte postale.  « Je suis parisienne, je suis née et j’ai grandi à Paris, je suis une amoureuse inconditionnelle de Paris. Malgré tout, quand on m’a dit “ça se tourne à Paris”, je me suis dit “Comment être excitée ?” J’avais besoin, en tant que réalisatrice, d’être excitée visuellement, comme on peut être excitée par des acteurs, et de trouver un axe de regard qui est nouveau. Je me suis dit que je n’avais pas envie d’un Paris haussmanien, romantique. J’avais envie d’un Paris un peu plus moderne et j’avais envie que Sharko soit une espèce de vigie, très en hauteur, et qu’il regarde cette immensité de la capitale avec toutes ces rues et ces gens qui grouillent, un peu comme les méandres dans le cerveau. »

Pour finir, si vous appréciez le duo Sharko et Hennebelle, on a une bonne nouvelle pour vous : une suite est d’ores et déjà en cours d’écriture. Elle sera basée sur un autre roman de Franck Thilliez, Atomka, paru en 2012.