VIDEO. «Superstore» ou l’arrière-cuisine déjantée d’un supermarché

SITCOM « Superstore » est une comédie sur les coulisses d’un supermarché type Walmart, créée par un des scénaristes de « The Office », Justin Spitzer…

Anne Demoulin

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Ben Feldman, America Ferrera et Nichole Bloom dans «Superstore».
Ben Feldman, America Ferrera et Nichole Bloom dans «Superstore». — Colleen Hayes/NBC
  • Superstore raconte les drôles de mésaventures des employés d'un supermarché type Walmart.
  • La série a été créée par un des scénaristes de The Office, Justin Spitzer.
  • 20 Minutes a rencontré le showrunner au Festival de Télévision de Monte-Carlo.

The Officechez Carrefour ? Superstore, diffusée ce samedi à 19 heures sur Comédie +, raconte les drôles de mésaventures des employés de l’enseigne fictive Cloud 9, un supermarché à l’américaine façon Walmart. L’intrigue démarre avec l’arrivée d’un nouveau, Jonah, joué par Ben Feldman, vu dans Drop Dead Diva, qui a laissé tomber ses études par peur de l’échec. Au cœur de la série, sa relation (qu’on imagine vite romantique) avec Amy, campée par America Ferrara, l’inoubliableUgly Betty, réduite à bosser chez Cloud 9 depuis dix ans parce qu’elle est tombée enceinte jeune.

Aux manettes de cette sitcom créée en 2015 pour NBC et encore inédite en France, Justin Spitzer, qui a fait ses armes comme scénariste de la workplace comédie culte The Office et de l’hilarante comédie hospitalière Scrubs.

Les moments de magie dans un supermarché

« Superstore parle d’un groupe d’employés dans une grande surface américaine typique mais la série aurait pu parler de n’importe quel employé qui bosse dans un endroit inintéressant », a confié Justin Spitzer à 20 Minutes lors de la 57e édition du Festival de Télévision de Monte-Carlo.

Autour de l’amère Amy et du maladroit Jonah, toute une galerie de personnages excentriques, qui fonctionnent plus ou moins bien : Glenn (Mark McKinney) le manager un peu niais, Cheyenne (Nichole Bloom, repérée dans Shameless), la lycéenne ingénue, Dina Lauren Ash, vue dans Super Fun Night), sorte de Dwight Schrute au féminin, ou encore Garett (Colton Dunn), l’employé paraplégique qui sert parfois de chœur antique comme dans Oz. Superstore montre « comment on peut trouver des moments de fun, de beauté, de connexion dans cet univers. Nous avions quelques histoires sur ce qui se passait dans les coulisses de ces magasins », commente Justin Spitzer.

L’envers du décor du rêve américain

L’action de la première saison se passe essentiellement au sein de l’enseigne. « Ces collègues ne sont pas des gens qui sortent ensemble comme un groupe d’amis. On essaye de se demander s’il y a quelque chose de vrai entre eux et pas juste un contrat artificiel qui leur dit de bien s’entendre. Superstore a un décor plus grand et moins claustrophobique que le bureau exigu de The Office, donc on peut se permettre de respirer plus facilement avec les intrigues et les décors et de moins sortir du supermarché », explique le showrunner.

Au-delà des coulisses d’un supermarché, la série montre l’envers du décor du rêve et du consumérisme américain. « J’ai travaillé pour The Office la majeure partie de ma carrière, j’ai beaucoup appris là-bas et cela m’influence, j’en suis conscient. Les employés de Dunder Mifflin travaillent dans un job que la plupart d’entre eux apprécient en dehors de leur patron. Mais Superstore est plus “bleue”, elle traite des choses qui affectent les classes socio-économiques plus défavorisées. Il y a une dimension sociale dans Superstore concernant la dureté du monde du travail. La série est écrite du point de vue des travailleurs pas de celui du patronat », estime Justin Spitzer.

En surface, la déconnade, en sous-texte, le mal-être des personnages. Superstore est moins à pleurer de rire que The Office, à cause de quelques aspects un peu cheesy, on pense plus au Buy More de Chuck, sauf quand la sitcom ose être méchante. On grince des dents lorsqu’elle rit du handicap et des Américains qui zonent dans les supermarchés et autres centres commerciaux.