CanneSeries: «Aqui en la Tierra», la série créée, produite, réalisée par Gael Garcia Bernal (il joue aussi dedans)

FESTIVAL L'acteur mexicain Gael Garcia Bernal est venu présenter à Cannes la série «Aqui en la Tierra», qu'il a créée et produite et dont il réalise le premier épisode...

De notre envoyé spécial à Cannes, Vincent Julé

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«Aqui en la Tierra», une série politique mexicaine créée, écrite, produite, réalisée, jouée par Gael Garcia Bernal (la totale)
«Aqui en la Tierra», une série politique mexicaine créée, écrite, produite, réalisée, jouée par Gael Garcia Bernal (la totale) — Fox Networks Group Latin America

Alors qu’Amazon vient d’annuler Mozart in the jungle après quatre saisons, Gael Garcia Bernal s’est déjà trouvé une nouvelle série. En tant qu’acteur, un peu, mais surtout en tant que créateur, auteur, producteur et réalisateur. La totale ! Présentée en compétition au premier festival CanneSeries, Aqui en la Tierra - littéralement « Ici sur Terre » - est un projet qu’il porte depuis dix ans. « Au début, ce n’était qu’une idée, un fantasme, une blague entre potes, explique le comédien de 39 ans en conférence de presse. Puis c’est devenu du sérieux, des gens nous ont rejoints, et on se retrouve aujourd’hui avec une série. »

Une série aux atours de conte de fées

Une série qui, du propre aveu de ses créateurs, Gael Garcia Bernal mais aussi Kyzza Terrazas et Jorge Dorantes, ne dit pas toujours les choses : « C’est comme un royaume dont le public n’aurait pas toutes les clés. Il y est bien sûr question de politique, de corruption, de luttes sociales, mais la série a les atours du conte de fées, du bigger than life. Il n’existe par exemple pas de procureur anticorruption à Mexico ». Aqui en la Tierra débute pourtant par son assassinat, et les conséquences sur la vie de son fils Carlos et celle de son meilleur ami Adan, également fils du chef de la sécurité de la famille. Ajouter que le beau-père de Carlos est gouverneur, empêtré dans de sales affaires de construction d’aéroport et autre scandale sexuel, et vous obtenez un cocktail explosif à défaut d’être original

Sexe, drogue et pouvoir

Le premier épisode est ainsi acquis au sexe, drogue et pouvoir. « Aqui en la Tierra se veut provocante, dans le meilleur des sens, assume Gael Garcia Bernal. Nous essayons de maintenir cette même attention, cette même énergie, à l’instar de la scène de danse qui ouvre le pilote. Tout en se faisant un commentaire de la société, de l’actualité. Il y est question d’héritage, une notion importante chez nous, mais pas seulement d’héritage financier, d’argent, aussi d’un héritage social, d’un modèle, d’un moule, dont les personnages veulent s’extraire. Des sujets propres à chaque famille, et qui peut s’étendre à un pays tout entier. » Et qui demande la longueur et l’envergure d’une série ?

«La série offre une liberté de création»

« Nous venons presque tous du cinéma, confie le réalisateur. Mais la série est l’occasion, et un bonheur, pour pouvoir raconter de longues histoires, développer les personnages, prendre des virages, changer de trajectoires. Là, vous n’avez vu que le premier épisode, mais nous réfléchissons déjà à la saison 2. Avec toutes les plates-formes et canaux de diffusion [Aqui en la Tierra est produit et distribué par Fox Latin America], la série peut offrir une liberté totale de création. D’ailleurs, vous avez remarqué comment on ne les désigne plus aujourd'hui comme de la "télévision", mais comme des "séries". »