«Clem»: La recette du succès de cette série familiale de TF1

FEEL GOOD La série « Clem » revient sur TF1 pour une huitième saison ce lundi…

Anne Demoulin

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Victoria Abril et Lucie Lucas dans la saison 8 de «Clem».
Victoria Abril et Lucie Lucas dans la saison 8 de «Clem». — Ch. Lartige/Merlin Production/TF1

Un beau parcours pour une histoire qui ne devait durer que le temps d’un téléfilm. Clem revient ce lundi à 21 heures sur TF1 pour une huitième saison, soit cinq soirées avec deux épisodes.

Arrivée en 2010 sur TF1, la série familiale n’a toujours pas lassé les téléspectateurs, le dernier épisode de la saison 7 avait rassemblé plus de cinq millions de fidèles. Toujours portée par Lucie Lucas et Victoria Abril, cette fiction s’est imposée comme une valeur sûre de la chaîne. Explications pour ceux qui seraient encore passés à côté du phénomène Clem.

Une série familiale

Les téléspectateurs de TF1 ont fait la connaissance de Clem, campée par Lucie Lucas, le 22 février 2010. Le téléfilm Maman trop tôt raconte comment cette jeune fille de 16 ans découvre qu’elle est enceinte déjà de quatorze semaines. N’ayant pas le choix, elle doit mener sa grossesse à terme, aidée par sa famille. Le public adhère immédiatement au concept et le téléfilm réunit 9,4 millions de téléspectateurs.

A l’instar d’Une famille formidable ou de Fais pas ci, fais pas ça, la série se regarde en famille. Le programme, qui concentre ses intrigues sur deux générations de personnages, séduit adultes et adolescents. Les premiers s’identifient aux parents, Caroline et Jean-Paul, campés par Victoria Abril et Jérôme Anger dans la saison 1, puis Laurent Gamelon. Les seconds à Clem et sa sœur Salomé, joué par Jade Pradin des saisons 1 à 5 et depuis la saison 6 par Léa Lopez. Au fil des saisons, les fidèles de la fiction vont suivre l’évolution de Clem et sa famille.

Un beau casting

Les acteurs sont bons et ne surjouent pas. A son lancement, la série a misé sur l’alchimie entre deux actrices : la méconnue Lucie Lucas et la populaire Victoria Abril, dans le rôle de la mère, Caroline Bois­sier, puis Ferran. Un duo désormais à bout de souffle : « Peut-être que ça s’ar­rête cette année pour moi, a expliqué l’ac­trice espa­gnole de 58 ans au Parisien. Depuis qu’on est passés à dix épisodes, c’est un peu trop formaté série ». Fin 2016, Lucie Lucas avait, quant à elle, avoué être «  en plein burn-out » et expliquait : « La saison 8 sera peut-être ma dernière. » Les six premières saisons de la série comptaient, en moyenne, entre trois et cinq épisodes.

La fiction accueille ou a accueilli au fil des saisons des seconds rôles bien connus comme Laurent Gamelon, Carole Richert, Elodie Fontan (Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, BabySitting 2), Camille Chamoux ou Georges Corraface en saison 8, mais aussi des invités le temps d’un épisode (Alain Bouzigues, Alison Wheeler, Denis Maréchal…). Le succès de la série a également attiré en saison 5, Philippe Lellouche, dans le rôle de Xavier Ferran, le nouvel époux de Caroline.

La série supporterait-elle le départ de Victoria Abril ? La décision de la star de Talons aiguilles ne semble pas définitive : « J’ai dit que je continuerai tant qu’il y aurait des thèmes et des choses à jouer. J’attends les scénarios. »

Une famille humaine

Grossesse précoce, amours, divorce, famille recomposée, et même décès… Si la maternité de sa jeune héroïne reste le fil rouge de la série, Clem s’aventure sur la vie d’une famille dans tout ce qu’elle comprend. La famille Boissier, comme toutes les familles, est imparfaite et se débrouille du mieux qu’elle peut pour résoudre ses problèmes.

Parfois, elle n’y arrive pas. En saison 5, Caroline et Jean-Paul divorcent. Mariés à la fin de la saison 5, Clem et Jérôme divorcent déjà en saison 7. « Ce qui est intéressant, dans l’échec de ce couple, c’est qu’il montre que l’amour ne suffit pas toujours. Comment peut-on vivre ensemble si on n’a pas les mêmes projets de vie ? », commente alors l’actrice au Figaro. Le public grandit avec ses personnages. Comme dans une famille.

La série a bousculé ses fans en tuant un des personnages principaux dans un accident de voiture, Julien, le père de l’enfant de Clem, et a donc aussi abordé la question du deuil.

Une dimension sociétale

« L’enjeu pour les scénaristes est de traiter des problèmes du quotidien concernant les familles, sans tomber dans le fait divers sociétal et sombre » expliquait la productrice Rose Brandford Griffith à TV Mag. Cette série n’a donc pas peur d’aborder les sujets plus sérieux. Le personnage de Xavier (Philippe Lelouche) a au départ du mal à accepter l’homosexualité de son fils Dimitri (Rayane Bensetti) et se montre très intolérant. Le mal-être de son fils et sa compagne, Caroline, l’amèneront à l’accepter tel qu’il est : « A partir de là, je serai toujours à côté de toi. Quels que soient tes choix. Un gars, une fille. »

Le feuilleton de TF1 aborde aussi la maladie, comme dans la saison 3 lorsque Caroline apprend qu’elle a un cancer du sein et même des sujets qui divisent, comme l’euthanasie au travers un personnage secondaire qui part en Suisse pour mettre fin à ses jours.

Dans la saison 7, la série s’intéresse à la maltraitance avec le passé d’enfant battu de Jérôme, l’ex-mari de Clem.

Dans le premier épisode de la saison 8, Clem et sa meilleure amie, Alyzée (Élodie Fontan), sont victimes de harcèlement de rue. « Le script a été écrit bien avant l’affaire Weinstein, explique la productrice Rose Brandford Griffith au Figaro. C’était une idée de deux de nos auteurs, Estelle Sayada et Chemsa Dahmane, qui se sont documentées auprès de la police. Nous évoquons des thèmes de société, oui, mais toujours via le prisme de la famille. »

Une série feel good

« Lorsqu’elle s’arrêtera, j’espère que les gens garderont le souvenir d’une série humaine. Notre métier permet aux gens de sortir leurs émotions, de vivre des choses à travers nous et Clem est une bonne série parce qu’elle permet de pleurer des choses de la vie et d’en rire aussi », résumait au moment de la saison 6, Lucie Lucas à nos confrères de Paris Match.

Parce que Clem reste avant tout une série qui fait du bien au moral, avec de nombreux moments heureux et une bonne dose d’humour. La fiction phare de TF1 fonctionne parce qu’elle donne à voir aux spectateurs ce qu’ils veulent voir : un quotidien proche du leur, bien scénarisé, où les personnages terminent leur saison le sourire aux lèvres. Un cocon pour savourer en famille un bon moment.