Mois de la francophonie: Marre des anglicismes pour parler des séries? Votez pour votre traduction préférée

VOCABULAIRE A l’occasion du mois de la francophonie, «20 Minutes» se lance à la rescousse de la langue française. Aujourd'hui, on chasse les anglicismes qui pullulent dans le jargon des séries (1/5)…

Anne Demoulin

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La définition de
La définition de — BChapon/20 Minutes
  • Durant tout le mois de mars, et notamment le mardi 20, Journée internationale de la francophonie, la langue française est à l'honneur.
  • «20 Minutes» est précurseur et a cherché à savoir comment soutenir le Français au travers d'initiatives innovantes (et tout à fait subjectives).
  • Aujourd'hui, nous vous proposons d'éradiquer définitivement les mots «spin-off», «spoiler» ou «reboot», ces anglicismes qui polluent nos papiers séries.

« Vous trouverez en pièce jointe la screener letter, nous avons une liste de spoilers à ne pas dévoiler lors des reviews. » Ce court extrait d’un mail (pardon, courriel) émane d’une attachée de presse d’une célèbre plateforme de streaming (une fois encore pardon, de flux). Empruntés à l’anglais et, de plus en plus, à l’anglo-américain, les anglicismes se sont incrustés dans le monde des sériephiles et dans les articles sur les séries. Les termes «spin-off», «guest star», «teaser», «trailer» ou encore «crossover» font partie intégrante du jargon familier des fans de séries.

>> Semaine de la langue française : comment l'anglais a tué le sein qui l'a nourri

A l’occasion du mois de la francophonie, et parce qu’à 20 Minutes on aime la langue de Molière (et de Joséphine, ange gardien), on vous propose de voter pour élire le meilleur équivalent français parmi sept mots ou expressions particulièrement utilisés. Et parce que des solutions francophones existent… 20 minutes s’engage, dans ses prochains articles, à n’utiliser plus que votre équivalent français préféré.

 

Utiliser la « série dérivée » de l’Académie française

Bien souvent, des équivalents français existent et si tel n’est pas le cas, ils pourraient exister. C’est l’une des missions de l’Académie française de prévenir l’arrivée en grand nombre et la fixation des anglicismes. La base de données France Terme regroupe tous les d’équivalents français publiés au Journal officiel par la Commission générale de terminologie et de néologie de l’Académie française. Ainsi, l’Académie recommande de traduire « spin off » par «  version dérivée », on parlera donc d’une « série dérivée ».

Emprunter « divulgâcher » à nos amis Québécois

Dans cette base, plusieurs traductions du terme «spoiler» sont proposées, mais pas dans le domaine des séries. Heureusement, nos cousins québécois ont trouvé le mot juste, « divulgâcher ». La « relance », c’est aussi l’autre nom du « reboot » pour les Québécois, qui ont également traduit littéralement le « soap-opera » par « roman-savon ».

« Point en suspens » déniché sur un forum

La Commission générale de terminologie et de néologie française préconise de traduire « cliffhanger » par « suspens ». Le dictionnaire canadien Termium Plus reprend cette traduction. Le suspens désigne cependant plutôt le sentiment d’angoisse du spectateur que le procédé narratif. Dans une série, le « cliffhanger », qui signifie littéralement « suspendu à la falaise », désigne ce point crucial qui laisse le spectateur dans une attente insoutenable. Nous vous proposons l’expression « point en suspens », déniché sur un forum.

« Ingurvisionner », un néologisme fabriqué maison

Pour l’activité préférée de tout accro aux séries, le « binge-watching », l’Académie française propose «visionnage boulimique». On n’aimait pas trop le côté médical de l’expression, les sérievores ne sont pas malades. Alors, on a inventé notre propre expression « ingurvision » et le verbe qui va avec « ingurvisionner », pour « binje-watcher ».

«Chef d'ochestre», une traduction pour les gouverner toutes

La Commission générale de terminologie et de néologie de l’Académie française ne s’est pas encore penchée sur l’épineuse question du «showrunner». Outre-Atlantique, les Québécois utilisent l’expression « auteur-producteur ». Une expression qui ne nous a pas tout à fait satisfaits tant la réalité du métier de showrunner est complexe. Alors, on a transposé un vocable de la musique, le « chef d’orchestre » à celui de l’univers des séries. Parce qu’après tout, le rôle d’un showrunner est de créer la cohérence du programme dont il est responsable et de donner à la série le bon tempo ?