VIDEO. «For the People»: Comment Shonda Rhimes recycle les recettes de «Grey’s Anatomy» et «Murder»?

FICELLE Diffusée sur Canal+ Séries ce dimanche, « For The People » reprend les figures et ficelles qui font le succès des séries de Shonda Rhimes…

Anne Demoulin

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Sandra Bell, campée par Britt Robertson, est l'héroïne de «For The People».
Sandra Bell, campée par Britt Robertson, est l'héroïne de «For The People». — ABC/Nicole Wilder

Un pilote avec un air de déjà-vu. For the people, diffusée ce mardi sur ABC et ce dimanche sur Canal + Séries à 22h15, suit le destin de six jeunes fraîchement diplômés de la faculté de droit, qui font leurs premiers pas à la Cour Fédérale de New York, la plus ancienne et la plus prestigieuse cour des Etats-Unis. Remplacer « faculté de droit » par « faculté de médecine » et « prestigieuse cour de New York » par « prestigieux hôpital de Seattle » et vous obtenez le pitch de Grey’s Anatomy. Une coïncidence ? Non, derrière cette série judiciaire se cache Shonda Rhimes, la créatrice de Grey’s Anatomy, Scandal ou encore à How To Get Away With Murder. Comment la showrunneuse recycle les recettes et figures des séries « made in Shondaland » ?

60 % de « Grey’s Anatomy » et 40 % de « Murder » pour l’histoire

Dans l’arrière-cuisine de For The People, une brigade qui a fait ses preuves sur toutes les séries de Shonda Rhimes, dont notamment à l’écriture, Paul William Davies, qui a travaillé sur Scandal. Au menu ? Un méli-mélo de Grey’s Anatomy et How To Get Away With Murder.

Comme dans la série médicale, For The People débute le jour d’entrée dans la vie active des six jeunes protagonistes. La scène où le juge Nicholas Byrne (Vondie Curtis-Hall) accueille les jeunes avocats et leur dit que certains vont réussir, d’autres échouer est la copie conforme de celle ou le docteur Webber fait visiter l’hôpital aux internes Meredith Grey, Cristina Yang, George O’Malley, Izzie Stevens ou encore Alex Karev.

En lieu et place des internes, les étudiants en droit de la série judiciaire, jeunes pousses aux dents longues, sont mis en concurrence les uns avec les autres. Trois d’entre eux avec le Procureur, côté accusation, et les trois autres, côté défense, comme avocats commis d’office. Donc, trois cas par épisode.

Les avocats débutants, censés guider les spectateurs à travers les rouages ​​du tribunal le plus prestigieux du pays, manquent de charisme ou de gravité. Si les cas qu’ils traitent sont potentiellement intéressants, ils ne sont pas suffisamment développés pour contrer les drames, prévisibles, qui les enveloppent : rupture, histoire d’amour naissante, lutte contre leurs propres démons… Comme à son habitude, Shonda Rhimes applique à la lettre les codes du soap opera sur des dialogues juridiques haletants que les personnages échangent en marchant à vive allure, comme dans un show d’Aaron Sorkin.

Ces débutants ont évidemment des mentors, la défenseur public fédéral Jill Carlan (Hope Davis), le chef de la division criminelle du bureau du procureur des États-Unis, Roger Gunn (Ben Shenkman), la greffière Tina Krissman (Anna Deavere Smith), et le juge Nicholas Byrne (Vondie Curtis Hall).

100 % de personnages qui rappellent la première saison de « Grey’s Anatomy »

Le pilote de For the People, seul épisode que nous avons pu visionner, est ce qui se rapproche le plus de la première saison de Grey’s Anatomy que Shondaland n’a jamais produit. Les personnages évoquent les archétypes que sont devenus les internes de la série phare d’ABC avec une pointe des autres héros de Shondaland.

Comme dans chaque série de Shonda Rhimes, le héros est une héroïne, ici, Sandra Bell, campée par Britt Robertson, vue notamment dans Under The Dome ou Girlboss. Dans la vie privée, comme Meredith Grey, elle a besoin de picoler avec sa meilleure amie pour se remettre d’une mauvaise journée de travail. Dans la salle d’audience, elle fait montre de l’esprit bagarreur de Quinn Perkins de Scandal, sous-estimée parce que trop mignonne.

Comme dans chaque série de Shonda Rhimes, une attention toute particulière a été accordée à la dimension multiraciale du casting. L’afro-américaine Allison Adams, jouée par Jasmin Savoy Brown, repérée dans The Leftovers, est la meilleure amie de l’héroïne. Sur le plan narratif, elle occupe la place de Cristina Yang, côté caractère, elle emprunte à Abby Whelan dans Scandal. Sous ses airs de fille sympa se cache un instinct de tueur.

Jay Simmons, interprété par Wesam Keesh, vu dans Awkward et Chicago Justice, est un bon mix entre George O’Malley et Asher Millstone de How To Get Away With Murder. Il peut être un bon avocat quand il s’applique, mais peut aussi être distrait.

Sexy, arrogant et talentueux

Du côté des procureurs, Kate Littlejohn (Susannah Flood) est la version blonde de Cristina Yang. Une jeune femme ambitieuse, intelligente, dévouée à son travail, avec un excellent sens de la repartie, qui n’a qu’un objectif, être la meilleure avocate possible. Et personne n’a intérêt à se mettre en travers de son chemin.

Si Jay Simmons a hérité de la dimension comique du personnage de George O’Malley, Seth Oliver, joué par Ben Rappaport (Mr Robot et The Good Wife), lui emprunte son côté gars honnête et loyal.

Enfin, Leonard Knox, joué par Rege-Jean Page (Racines et Waterloo Road) est quant à lui aussi sexy, arrogant et talentueux qu’Alex Karev.

Ce nouveau programme d’ABC n’ose rien de surprenant en termes de contenu ou de formule. Shonda Rhimes se contente d’appliquer les recettes qui ont fait le succès de ces précédents shows. Fan de Grey’s Anatomy, à vos plaidoiries !