«Nox»: Un thriller palpitant qui emmène Nathalie Baye dans les entrailles de Paris

POLAR La nouvelle création de Canal+, « Nox » est une série noire haletante en six épisodes dans les tréfonds de la capitale et de l'âme humaine…

Anne Demoulin

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Dans «Nox», Nathalie Baye campe Catherine Susini, une flic à la retraite bourrue à la recherche de sa fille disparue.
Dans «Nox», Nathalie Baye campe Catherine Susini, une flic à la retraite bourrue à la recherche de sa fille disparue. — Rémy Grandroques/Gaumont Télévision/Canal+

Une plongée dans le côté obscur de la capitale. Dans la nouvelle création originale de Canal +, Nathalie Baye campe Catherine Susini, une flic à la retraite bourrue qui essaye de retrouver sa fille, jouée par Maïwenn, également policière, disparue mystérieusement dans les souterrains parisiens. Sa mère, persuadée qu’elle seule peut la retrouver, doit se résoudre à faire équipe avec Raphaël, interprété par Malik Zidi, le coéquipier de sa fille. Le début d’une enquête haletante au sein d’un labyrinthe géant, constitué d’égouts, de catacombes et d’anciennes carrières, trois fois plus grand que la ville de Paris en surface. Un thriller palpitant, aussi sombre que lumineux. Explications. 

« On m’a mis dans une brouette et dans les égouts »

« Le premier jour de tournage, on m’a mis dans une brouette et dans les égouts, je me suis dit que je n’aurais jamais dû accepter ce rôle ! », rit Nathalie Baye. « Je n’avais jamais été sous terre, je suis claustrophobe. J’ai fait des séances d’hypnose pour affronter ça. Là, j’y suis allée, mais j’ai eu ma dose ! », poursuit l’actrice.

Le tournage dans les carrières, les souterrains et autres égouts a été compliqué. « On a notamment tourné dans le centre de formation des égoutiers à la Plaine Saint-Denis. Il y a un kilomètre de tuyaux qui se rencontrent, s’enchevêtrent et permettent d’avoir des décors, pas très pratiques, mais très visuels », souligne le réalisateur Mabrouck El Mechri, déjà aux manettes de Maison Close.

« On a fait beaucoup de scènes de cascades, compliquées physiquement, avec de l’eau et l’équipe coincée dans les tunnels », se souvient Malik Zidi. Objectif ? « Sortir du polar nordique, avec ses lacs et ses forêts et revenir à quelque chose de viscéral », explique Quoc Dang Tran, co-créateur de la série avec Frédéric Cavayé et Jérôme Fansten. Résultat ? Un « décor qui va bien avec le frisson qu’on veut éprouver dans le thriller », souligne Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction de Canal.

«”Nox”, c’est l’histoire de la face B »

«” Nox”, c’est l’histoire de la face B, d’un monde caché mystérieux et fascinant », résume Malik Zidi. « Nox emprunte à une double mythologie, celle de la descente aux enfers d’Orphée et Eurydice, et celle de la séparation de l’être aimé de Tristan et Iseut », poursuit Quoc Dang Tran.

L’enquête de Catherine et Raphaël, « deux personnages en quête de rédemption », donne à voir un monde souterrain où se côtoient réfugiés, laissés pour compte, marginaux et psychopathes. « Ce polar noir parle de la violence sourde de notre société et de la pulsion de violence qu’on a tous en nous. Nox est aussi l’histoire d’amour entre une mère et sa fille », raconte Quoc Dang Tran.

« Une femme pudique, qui ne sait juste pas montrer ses sentiments »

D’un côté, la fille, Julie, « qui a tout le temps été dans le besoin de plaire à sa mère », observe Maïween, de l’autre, la mère, Catherine, qui « se sent coupable parce qu’elle n’a pas su écouter sa fille, et s’aperçoit combien elle l’aime », souligne Nathalie Baye.

« Elle m’a plu et je me suis amusée. Franchement, j’ai plutôt bon caractère et ça m’a fait un bien fou de jouer un personnage avec un sale caractère », s’amuse l’actrice. « Ce personnage est attachant, en grattant, on s’aperçoit qu’elle n’est pas que ça. Sous ses allures de grande gueule, c’est une femme pudique, qui ne sait juste pas montrer ses sentiments », analyse Nathalie Baye. A la fois unité de mesure de l’éclairage lumineux et nom de la déesse de la nuit dans la mythologie romaine, Nox explore les tréfonds de la noirceur de l'âme humaine, mais révèle aussi notre part de lumière.