VIDEO. «Les Bracelets rouges», «The Good Doctor», «The Resident»... Le nouvel âge d'or des séries médicales?

PHENOMENE Les séries médicales sont devenues un genre à part entière, un genre que «The Good Doctor», «Les Bracelets rouges» ou même «Grey's Anatomy» essaient de renouveler...

Vincent Julé

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«The Good Doctor», «Les Bracelets rouges», «The Resident»... Trois séries et trois tentatives de renouveler le genre médical à la télé
«The Good Doctor», «Les Bracelets rouges», «The Resident»... Trois séries et trois tentatives de renouveler le genre médical à la télé — ABC / FOX / AURELIEN FAIDY-VEMA PRODUCTIONS-TF1

« NFS, chimie, iono ! » A l’instar des séries policières, les séries médicales sont un genre à part entière à la télévision, et Urgences a largement participé à en fixer les codes : son staff d’externes, internes ou résidents, leurs histoires d’amours et de coucheries, les « walk and talk » dans les couloirs, des cas des plus simples aux plus désespérés, et des morts, beaucoup de morts, que ce soit chez les patients ou les médecins. Des figures que l’on retrouve encore aujourd’hui dans Grey's Anatomy, Chicago Med ou Nina.

Mais plusieurs nouvelles séries tentent de renouveler la formule, et y parviennent comme le montre le succès critique et public des Bracelets rouges sur TF1. Vit-on un nouvel âge d’or des séries médicales ? 20 Minutes livre son diagnostic.

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De nouveaux personnages

Thomas, Clément, Roxane, Mehdi, Sarah, Côme… Six adolescents, six malades du cancer, d’une maladie cardiaque, d’anorexie ou dans le coma. En tournant la caméra des médecins vers les patients, Les Bracelets rouges est déjà une petite révolution en soi.

Les vrais héros ne portent ici pas de blouse blanche, mais sont des enfants, des parents, des familles, le staff médical ne tenant qu’un rôle secondaire. Certains pourraient d’ailleurs dire qu’elle n’est pas une série médicale à proprement dit, mais plus un drame dans un décor hospitalier. Peut-être. Mais d’autres séries prennent des risques avec leurs personnages, à l’instar de The Good Doctor.

Adaptée d’un format coréen et succès d’audience de la saison aux Etats-Unis, la série met en scène Shaun Murphy, un jeune chirurgien atteint du syndrome d’Asperger et du syndrome du savant. Le créateur David Shore avait déjà imposé un nouveau type de (anti) héros avec son Dr House génial mais misanthrope. Il va ici encore plus loin, et fait de l’autisme non pas un simple artifice de fiction mais un véritable enjeu pour le personnage, l’hôpital, la série et par extension la société. The Good Doctor est disponible en H+24 sur MyTF1VOD et bientôt diffusée sur TF1.

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De nouveaux enjeux

« Code noir ! Code noir ! » Aux Etats-Unis, l’expression désigne une situation d’urgence, où le nombre de médecins n’est pas suffisant pour gérer tous les malades. Une situation aperçue lors d’une catastrophe naturelle ou d’un gros accident de la route dans Urgences ou Grey’s Anatomy, mais qui est aussi le quotidien de beaucoup d’urgences dans le monde, et du fictif Angels Memorial Hospital dans la bien nommée Code Black. Depuis deux saisons, mais qu’une poignée d’épisodes sur M6 avant sa déprogrammation, la série prétend montrer une autre réalité, l’envers du décor, mais peine à renouveler le genre et à faire la différence. Contrairement à The Resident.

Cette nouveauté, lancée en janvier sur Fox et toujours inédite chez nous, s’ouvre sur une opération, durant laquelle un ponte de la chirurgie tue un patient par erreur et demande à son équipe de le faire passer pour une mort naturelle. Le ton est donné. The Resident propose un regard inédit sur les coulisses, les dysfonctionnements mais aussi le business du système hospitalier américain : ses sous-effectifs, ses problèmes d’assurances, ses opérations à plusieurs millions de dollars, l’optimisme des jeunes recrues contre le cynisme des hautes instances. C’est parfois désespérant mais toujours passionnant, à l’image de cette scène où la directrice de l’hôpital négocie la prise en charge d’un patient longue durée et donc très coûteux avec d’autres hôpitaux, contre d’autres malades et de l’argent. Ok.

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Un nouveau reflet de la société

Si The Good Doctor a un médecin autiste, Grey’s Anatomy a depuis la deuxième moitié de sa saison 14 non pas un mais deux personnages trans. Ce n’est pas une compétition, mais c’est important. La série de Shonda Rhimes est connue pour combattre les inégalités et représenter la société sous toutes ses couleurs et sexes, en donnant par exemple le premier rôle aux femmes et aux noirs, mais elle ne s’est jamais faite aussi inclusive qu’aujourd’hui. Victime de mari violent, interne portant le hijab, docteur et patient trans… La société a évolué en dix ans, Grey’s Anatomy aussi.

Mais la révolution s’est faite aussi derrière l’écran, puisqu’Ellen Pompeo alias Meredith Grey a réussi à renégocier son contrat et à devenir non seulement l’actrice la mieux payée de la télévision mais également productrice de la série. Un combat longtemps perdu d’avance, qu’elle n’a pu remporter qu’avec le départ de Patrick Dempsey, à défaut de son soutien, et l’aide de Shonda Rhimes. Des séries médicales, mais également des séries sociales, contemporaines et engagées.