VIDEO. «Skam», le teen drama à suivre en temps réel, débarque sur les écrans

PHÉNOMÈNE L’adaptation française du teen drama phénomène norvégien « Skam » a débarqué sur les réseaux sociaux et sur la plateforme france.tv Slash ce lundi à 10h37…

Anne Demoulin

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Philippine Stindel (Emma) Coline Preher (Alexia) Assa Sylla (Imane) Lula COTTON (Daphné) Marilyn Lima (Manon), les cinq héroïnes de « Skam France ».
Philippine Stindel (Emma) Coline Preher (Alexia) Assa Sylla (Imane) Lula COTTON (Daphné) Marilyn Lima (Manon), les cinq héroïnes de « Skam France ». — HONTE/SKAM GTV 2017

Un teen drama et un dispositif transmédia destinés à captiver les millenials. La série Skam France, adaptation française du format norvégien Skam (Honte, en français), a débarqué sur france.tv Slash, la nouvelle plateforme numérique à destination des 18-35 ans de France Télévisions, et sur Facebook ce lundi à 10h37. Explications.

Le phénomène « Skam » expliqué aux vieux

« Je fais de la télévision depuis longtemps, mais je n’ai jamais rien vécu d’aussi phénoménal qu’avec ces cinq filles », expliquait Marianne Furevold, la productrice de la série originale norvégienne Skam au festival Série Series en 2016. « Faites quelque chose qui ramène les jeunes à NRK », telle était la mission de Marianne Furevold pour la chaîne publique norvégienne.

La productrice imagine alors un concept original autour de l’histoire, somme toute banale d’un groupe de cinq adolescentes. Skam est doté d’un dispositif transmédia qui permet de suivre la vie des personnages en temps réel grâce à des photos, vidéos et chats, diffusés sur un site dédié et les comptes des héroïnes sur les réseaux sociaux. « Lorsque les héros de la série vont à une fête le vendredi, la vidéo de la fête est mise en ligne le vendredi », détaillait Marianne Furevold. Les vidéos forment ensuite un épisode diffusé sur NRK.

La série passionne la jeunesse norvégienne et des centaines de milliers de followers suivent quotidiennement les aventures de cette bande de jeunes. Côté audiences, Skam fait régulièrement mieux que Game of Thrones. La série rafle cinq prix aux Gullruten, la cérémonie annuelle de remise de prix de l’industrie télévisée norvégienne en 2016.

L’Europe et les Etats-Unis observent le phénomène attentivement. Fin 2016, Simon Fuller annonce qu’il va produire une version américaine, intitulée Shame et qui sera diffusée sur Facebook, toujours inédite à ce jour. En septembre 2017, l’adaptation française est annoncée. Des versions belges, allemandes, espagnoles, italiennes et néerlandaises sont aussi prévues.

Un dispositif encore plus immersif pour « Skam France »

La version française dépeint également avec sensibilité et humour la vie quotidienne d’un groupe de cinq lycéennes composé d’Emma (Philippine Stindel), tout juste entrée en seconde, et de ses amies, Manon (Marilyn Lima, repérée dans Nos jours meilleurs), Daphné (Lula Cotton Frapier), Imane (Assa Sylla) et Alexia (Coline Preher, finaliste de The Voice Kids).

Côté dispositif, des séquences vidéo seront publiées quotidiennement en temps réel, c’est-à-dire au jour et à l’heure où elles sont censées se dérouler dans le monde fictionnel de Skam France, sur France TV Slash et sur Facebook. Les 9 épisodes de 26 minutes seront publiés chaque vendredi sur france.tv Slash, puis diffusés sur France 4 chaque dimanche. Le lancement sur France 4 est prévu 3 semaines après le lancement numérique.

« Cette forme de narration est vraiment innovante parce qu’elle intègre le digital, la narration sur les réseaux sociaux dans l’écriture de la série », s’est félicitée Tiphaine de Raguenel, directrice des activités jeunesse de France TV lors de la projection presse. Comme en Norvège, tous les personnages centraux ou secondaires ont leur compte sur Instagram. Skam France sera la première fiction télévisée à intégrer des Stories Instagram dans son dispositif. Il sera possible de suivre les conversations du personnage principal de la saison 1, Emma, sur Facebook.

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L’expérience de Skam France sera donc encore plus immersive que sa grande sœur norvégienne. « Susciter de l’échange, de la conversation, de la réflexion et de l’enthousiasme fait parti de l’esprit de la série », a souligné Antonio Grigolini, directeur numérique chaînes et programmes France Télévisions.

Une adaptation « à la sauce française »

« Quand on adapte Skam, ce n’est pas simple, on sait qu’il y a un illustre prédécesseur », a confié le réalisateur, David Hourregue. Même si la série est fidèle à l’esprit de l’original, le script et la mise en scène ont subi un lifting pour être adapté « à la sauce française, avec tout le tempérament qui est le nôtre et certaines problématiques assez spécifiques à la France ».

En Norvège, par exemple, les étudiants louent un grand bus et font la fête dedans pendant plusieurs semaines. Cette tradition, aussi importante qu’un bal de promo aux Etats-Unis, constituait un des ressorts dramatiques de la version scandinave.

« Le principe du Russ Bus était inadaptable en France. On a pensé à la Nuit du bac… À force de chercher un équivalent, on s’est dit qu’on faisait fausse route et qu’il fallait se concentrer sur la richesse de Skam, les personnages. Ce qui rassemble ces lycéennes, c’est une forme de solitude, et puis Daphné, qui a une idée fixe, organiser une teuf qui dépasse l’entendement, un merveilleux prétexte pour les réunir », raconte le réalisateur.

Les deux versions intègrent une jeune fille musulmane, mais législation française oblige : « Elle porte le voile en dehors du lycée et l’enlève au lycée. Si on y prête attention, il y a aussi des affiches Alerte Attentats un peu partout », parce que « la vie et l’histoire récente de la Norvège ne sont pas celle de la France. » Les aficionados de Skam pourront donc s’amuser à repérer les différences entre la société norvégienne et française.