VIDEO. «SMILF», la série qui ose briser les tabous et tailler un costume à Woody Allen

FÉMINISME La série, saluée par la critique, a provoqué un tollé chez les puritains américains…

Anne Demoulin

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Frankie Shaw dans la série «SMILF».
Frankie Shaw dans la série «SMILF». — SHOWTIME

Drôle, trash et bougrement intelligente ! Acronyme de « Single Mother I’d Like to Fuck », (« Mère célibataire que je me taperais bien »), SMILF, nouvelle série de la chaîne câblée américaine Showtime, débarque ce mardi à 20h50 sur Canal + Séries.

La série, acclamée par la critique et le public et nommée aux Golden Globes, a provoqué un tollé chez les conservateurs outre-Atlantique. Pour cause, elle brise les tabous.

Une série féministe entièrement créée par une femme

Frankie Shaw transforme ici en série de 8x30 minutes un court-métrage éponyme primé en 2015 au Festival de Sundance. Une histoire semi-biographique.

L’actrice de 31 ans, croisée notamment dans Mr Robot et Good Girls Revolt, signe le show en tant que réalisatrice, scénariste, et interprète principale, et ce sur tous les épisodes.

Une série sur le combat des mères célibataires

SMILF suit les galères de Bridgette, une jeune white trash qui élève son fils seule dans un studio de South Boston, quartier avec une grande communauté catholique d’origine irlandaise. Avec un humour décapant, la série aborde en toile de fond un sujet rarement abordé aussi crûment dans les séries, même dans Better Things, la difficile condition, le regard posé et le combat des mères célibataires pour se faire une place dans la société.

Alors que son accouchement a ruiné sa vie sexuelle, Bridgette enchaîne les petits jobs et les crises de boulimie, jongle entre un budget ultra-serré et la lourde tâche d’élever un enfant en bas âge.

Une série qui aborde tous les sujets tabous

La jeune femme est flanquée d’une belle bande de bras cassés : Rafi, le père du petit, alcoolique en rémission, Tutu, la mère envahissante et dépressive, Ally, la riche femme cyclothymique qui l’emploie et Eliza, la copine qui se filme pour satisfaire les fétichistes du web.

Le co-parentage, la sexualité post-partum, les troubles alimentaires, la grossophobie, les fat admirers, l’inceste, les agressions sexuelles ou encore la sexualité des prêtres, la série virevolte, sans transition, entre dialogues hilarants et piquants, scènes de sexe déjantées et réelles prises de conscience.

Une série qui choque les puritains

SMILF a donc particulièrement déplu à la Ligue catholique pour les droits civils et religieux aux Etats-Unis. « Les femmes sont des objets, le christianisme est sali et l’homosexualité exhibée. Pas étonnant donc, que SMILF ait été nommée aux Golden Globes 2018 pour le Meilleur show comique », a déclaré le président de la Catholic League, Bill Donohue, dans un communiqué relayé par The Hollywood Reporter.

Une série obsédée par le cinéma

SMILF est une série obsédée par le cinéma, qui multiplie les références cinématographiques. Le 5e épisode de la première saison parodie le film allemand culte de Tom Tykwer, sorti en 1998, Cours, Lola, cours. Frankie Shaw se sert d’une scène de La Belle et la Bête pour évoquer la question de l’agression sexuelle.

L’épisode final, qui reprend les codes visuels des films de Woody Allen et le Rhapsody in Blue de la bande-son de Manhattan, sert à la showrunneuse à tailler un costume au cinéaste accusé d’avoir

. « Dylan, nous te croyons », tel est le message d’un show qui n’a pas fini de créer la polémique.