VIDÉO. Jean-Claude Van Damme: «J'ai cru qu'on faisait la série "Jean-Claude Van Johnson" juste pour moi»

INTERVIEW Jean-Claude Van Damme joue son propre rôle dans la série Amazon «Jean-Claude Van Johnson», et dans l'interview qu'il a accordé à «20 Minutes»...

Propos recueillis par Vincent Julé

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Jean-Claude Van Damme alias Jean-Claude Van Johnson alias Jean-Claude Van Inception
Jean-Claude Van Damme alias Jean-Claude Van Johnson alias Jean-Claude Van Inception — Amazon Studios

Ses interviews, géniales ou gênantes ? Ses passages à la télé, malaises ou happenings ? Les films où il joue son propre rôle, fiction ou documentaire ? Il y a un mystère Jean-Claude Van Damme, et sa série Jean-Claude Van Johnson en remet une couche, dans six épisodes disponibles en exclusivité vendredi sur Amazon Prime Video.

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A l’instar du film JCVD, il joue donc Jean-Claude Van Damme, star du cinéma d’action des années 1980 et 1990, de Bloodsport à Timecop, qui, après avoir croisé un ancien amour, décide de reprendre du service. Oui, du service, car sa carrière à Hollywood a toujours été une couverture pour ses activités d’agent secret, nom de code Jean-Claude Van Johnson. Un pitch perché, propice aux références méta, à une autodérision qui frôle la psychanalyse, et à une rencontre avec le personnage pour 20 Minutes.

Une interview « à la Van Damme », car lorsqu’on lui demande s’il préfère parler en anglais ou en français, il répond qu’il s’en fiche : « Je peux parler à moitié en français, à moitié en anglais. Van Damme style ! » On n’aurait pas dit mieux.

C’est la deuxième fois que vous jouez votre propre rôle à l’écran, après le film JCVD. C’est déjà deux fois plus que n’importe quel autre acteur.

Je l’ai fait plus de fois encore, puisque je jouais deux fois, deux rôles dans Resistant, Double Impact ou Risque maximum [il n’a pas compris la question]. Et dans Jean-Claude Van Johnson, je joue au moins cinq rôles : Van Damme, Lambert, Philippe, un coureur automobile… Il y a pas mal de personnages. Mais cela fonctionne, cela fait sens, car c’est ancré dans le réel, il y a une artère de réalité, avec de la comédie et du burlesque tout autour. Le personnage est réel, mais la série est fun et fraîche.

Vous jouez également de l’image que le public a de vous.

Oui, tout à fait, mais je ne donne pas tout dans la saison 1, j’en garde au cas où il y ait des saisons 2, 3 ou 6 ! (rires)

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A quel point êtes-vous conscient de cette image, dont vous jouez au cinéma, à la télévision, mais aussi parfois en public, dans les médias ?

Oui, bien sûr que j’en ai conscience. Je suis aware de l’aware !

[Le créateur et showrunner Dave Callaham intervient]
Nous le faisons tous. Tu es une personne différente dans l’intimité avec tes proches, en présence de ton boss ou lors d’un speech sur scène. Nous avons tous différentes persona, à différents moments de notre vie. Les célébrités sont encore plus concernées, et elles en ont conscience. Nous en jouons d’ailleurs dans la série.

[Jean-Claude reprend la parole]
Cela a aussi un rapport avec l’enfance, l’innocence, et une forme de modestie. Mon pote Sly [Sylverster Stallone] n’a pas de problème à revendiquer qu’il est bon, fort, des qualités qu’il a, bien entendu. Moi, si j’ai ces mêmes qualités et je ne le dis pas, je suis plus timide pour les mettre en avant, car je me mets à la place des gens. J’ai du mal à répondre à certaines questions que l’on me pose, je pense à ces gens qui n’ont pas ma célébrité, mais qui sont peut-être meilleurs que moi de plein de manières, tu vois ? Je suis presque… pas complexe non plus, mais je me demande si je mérite vraiment toute cette attention, cette place, ces questions. Je joue donc avec différentes personnalités, une, deux ou trois, histoire de brouiller les pistes.

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Une autre star a déjà joué son propre rôle au cinéma, et il est belge comme vous : Johnny Hallyday.

Oui, oui. Mais vous savez, cette série a été une thérapie pour moi. Je suis tellement bizarre, je n’ai pas de double ou triple personnalité, mais je peux aller ici ou là, jouer différents personnages. C’était bon, comme si on me donnait une pilule différente chaque jour, une pilule métaphorique bien sûr.

[Le réalisateur de la série Peter Atencio a une anecdote à ce sujet]
Je ne sais pas si je peux raconter cette histoire. Mais JC [prononcé « Jayssie »] est venu un jour vers moi : « Dis-moi la vérité, nous ne sommes pas en train de tourner une série, vous faites tout ça pour me donner une leçon, la série est juste pour moi, personne d’autre ne la verra ». Je lui ai répondu que bien sûr, c’est exactement ça. Et c’est en effet également ça que j’ai essayé de faire.

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La série est très méta, puisque la vie d’espion de Jean-Claude Van Damme ressemble de plus en plus aux séries B, dans lesquelles il joue et qui lui servent de couverture.

[Dave Callaham acquiesce]
Nous adorons les films d’action, les films de Jean-Claude, mais certains sont débiles et ridicules, à l’instar de notre film dans la série, Huck d’après Les aventures de Huckleberry Finn. Puis le monde de la série elle-même se révèle proche d’une série B, avec par exemple son dispositif pour contrôler la météo.

[Jean-Claude réagit]
Quand tu vois ce qui se passe dans le monde, les tsunamis, les tremblements de terre… Qu’est-ce que c’est ? Ils utilisent déjà ce type d’armes, tu as le projet HAARP en Alaska, les énormes tanks qui éclaircissent le ciel en Chine. Nous sommes très avancés dans ce domaine, donc cela peut arriver, j’en suis sûr.

Êtes-vous intéressé pour revenir à des rôles qui ne soient pas vous, ou une version de vous ? Un autre Expendables ? Un super-héros peut-être ?

Là, maintenant, je suis plein, la série a été un gros morceau. Je suis encore en train de le digérer. Je suis fatigué, man.