«"Billions" est une série sur le pouvoir», estime Malin Åkerman

WALL STREET Dans ce thriller financier, l’actrice d’origine suédoise incarne l’épouse d’un requin de Wall Street, parti de rien et devenu milliardaire…

Propos recueillis par Anne Demoulin

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Malin Åkerman et Damian Lewis jouent les maris et femmes dans «Billions».
Malin Åkerman et Damian Lewis jouent les maris et femmes dans «Billions». — Showtime

A l’instar du Loup de Wall Street, Billions brosse un tableau outrancier de la haute finance new-yorkaise, sur fond de vices, d’excès et de jeux d’influences et de délits d’initiés. Créé en 2016 pour Showtime par deux comparses de Steven Soderbergh, Brian Koppelman et David Levien, cette série s’appuie sur l’expertise d’Andrew Ross Sorkin, journaliste au New York Times, auteur du best-seller Too Big to Fail sur les rouages de Wall Street. Un thriller financier, diffusé ce jeudi à 21 heures sur Canal +, où Chuck Rhoades ( Paul Giamatti), procureur intraitable de l’État de New York, a dans sa ligne de mire, Bobby « Ax » Axelrod ( Damian Lewis), magnat des hedge funds (fonds spéculatifs) qu’il suspecte de délit d’initié. Malin Åkerman, que 20 Minutes a rencontré au Festival de télévision de Monte-Carlo, y incarne Lara Axelrod, la femme du brillant milliardaire parti de rien, symbole d’un rêve américain.

Comment décririez-vous « Billions » ?

La série se déroule dans le monde de la finance. Plus encore, Billions est une série sur le pouvoir et sur l’effet qu’il produit sur les gens.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le rôle de Lara Axelrod ?

Le fait qu’elle menace quelqu’un dès le pilote ! C’est quelqu’un de doté d’un vrai tempérament, qui n’a pas peur. Jouer ce personnage était excitant pour deux raisons, tout d’abord, parce que je ne pourrais jamais faire ce qu’elle fait, et d’autre part, parce que c’est merveilleux de voir à l’écran une femme forte, indépendante, couronné de succès, qui la joue d’égale à égale avec son partenaire.

Comment avez-vous préparé ce rôle ?

J’ai composé le personnage en me demandant ce qu’était son truc. Elle n’a pas grandi dans la richesse. Elle débarque dans ce monde de milliardaire et navigue dans ce monde, en essayant de protéger sa famille. C’est une vraie New-Yorkaise dure à cuire !

Vous êtes-vous inspiré de femmes de milliardaires pour construire votre personnage ?

Non, je ne me suis pas inspirée de femmes dans la vie réelle. Je suis une grande fan de House of Cards et de Claire Underwood parce que j’aime le fait qu’elle soit si forte. Bien sur, elles sont différentes, mais elles ont quelque chose en commun. J’ai été attentive à comment Robin Wright Penn apporte du pouvoir à son personnage.

Comment cela se passe sur le plateau avec Damian Lewis ?

Nous jouons les maris et femmes et dieu merci, on s’entend bien ! Je tourne presque toutes mes scènes avec lui, c’est un acteur et une personne incroyables. Malheureusement, je passe peu de temps avec Paul Giamatti, que j’adore aussi !

Avez-vous appris des choses sur Wall Street durant le tournage ?

Oui, bien sûr ! On apprend quelques petites choses au passage, mais je ne deviendrai jamais tradeuse ! Mon personnage ne fait pas vraiment parti de ce monde financier, donc je n’ai pas fait de recherches spécifiques. C’est un monde fascinant. Ce qui m’intéresse ce sont les coulisses, les connexions, les marchés conclus sous la table comme House of Cards avec le monde politique.

La série a eu beaucoup de succès aux Etats-Unis…

Damian Lewis et Paul Giamatti ont beaucoup de fans ! Depuis la crise de 2008, le monde de la finance intéresse les gens et génère beaucoup de questions, de frustrations, de colère. La série a du crédit aussi grâce à Andrew Ross Sorkin. Cela s’explique par cette combinaison.

Comment vivez-vous la célébrité liée à ce succès ?

J’ai fait des films avant, c’est vrai qu’une série apporte plus de notoriété, mais cela n’a pas été non plus la folie. Maintenant, à New York, là où l’on tourne, on me reconnaît ! C’est marrant, les gens qui travaillent dans la finance viennent me voir pour me dire : « C’est tellement réaliste ! » ou à l’inverse « Vous savez que ça ne se passe pas vraiment comme ça ? »