On a percé le mystère du succès de la série «Riverdale»

SERIE La saison 2 de «Riverdale» arrive ce jeudi sur Netflix, l'occasion de revenir sur l'étonnant succès de la série... 

Maria Aït Ouariane
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Image de la saison 2 de Riverdale
Image de la saison 2 de Riverdale — Netflix

Une petite ville tranquille… Un meurtre mystérieux… Des ados qui se mettent à jouer les détectives… De lourds secrets et un triangle amoureux. Dit comme cela, Riverdale ressemble un peu à tous un teen show de plus. Mais « guess what ? », la série cartonne et est sur toutes les lèvres depuis des mois. A tel point que certains estiment qu’elle restera comme la série de référence de la nouvelle génération des 12-16 ans comme le fut  Gossip Girl ou Freeks and Geeks pour leurs aînés.

Alors que Netflix dévoilera jeudi la saison 2, nous sommes allées à la recherche de ceux qui ont aimé ou détesté Riverdale pour essayer de comprendre le secret de son succès hors norme.

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Une série hook

Morgane, 24 ans, explique qu’elle a « tout de suite accroché ! Ça ne m’était pas arrivé depuis l’époque Gossip Girl/ The Vampire Diaries/ Pretty Little Liars à leurs débuts ! Depuis quelque temps, les chaînes n’arrivaient plus à nous vendre le « truc » qui va nous rendre accro, Riverdale a réussi. Il y a son ambiance sombre et bien mystérieuse à la Twin Peaks, et surtout sa storyline sait nous garder en haleine même si elle se tient plus ou moins bien. Et puis, les personnages deviennent très vite attachants. »

Des clichés mais pas trop

Un événement mystérieux vient troubler la quiétude d’une petite ville. Ce pitch-là, on l’a déjà vu dans Pretty Little Liars, Teen Wolf, Vampire Diaries… Riverdale donne ainsi le ton dans son pilote à travers la voix de Jughead (Cole Sprouse), fil conducteur du récit : « On dirait une ville ordinaire de loin. Comme il y en a partout. Sûre. Respectable. Innocente. Mais approchez vous, vous verrez les ombres derrière cette façade […] Notre ville est désormais pleine de ténèbres et de secrets ».

Si la série pioche ainsi avec délice dans ce cliché, elle n’y plonge pas complètement (pour l’instant), notamment parce que les personnages restent tout de même des lycéens. En répondant de manière claire, simple et à la fois surprenant à la question que tout Riverdale a à la bouche « Qui a tué Jason Blossom ? », la série évite aussi l’excès de cliffhangers improbables, qui a coûté cher à Pretty Little Liars.

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Des références pop savoureuses

Riverdale fait le tour du vestiaire classique des High Schools : un beau sportif musclé, Archie, qui pose son doux regard sur la parfaite blonde intello Betty mais qui se retrouve bouleversé par l’arrivé de la populaire Victoria, riche et sarcastique. Ajouté à cela, la cheerleader qui terrorise tout le lycée et un marginal qui raconte la vie de ce beau monde. Mais fort heureusement, les scénaristes envoient valser tout ce petit monde bien ordonné après y avoir goûté du bout des lèvres.

Kevin Keller chambre ainsi Cheryl sur son statut de cheerleader, qui lui répond qu’en tant que « meilleur ami gay » de Betty, il incarne lui aussi une sorte de stéréotype… Boum.

Les dialogues sont ainsi ponctués de délicieuses références pop culture qui contrastent avec le style rétro de la ville et ses habitants. On a ainsi pu entendre Veronica se lamenter « Je suis déjà la Blue Jasmine du lycée » ou encore « Je suis Diamants Sur Canapé et cette ville est tellement De Sang Froid ». Des références assez pointues pour une élève de seconde.

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Une série aussi pour « les vieux »

Etiquetée, « série pour ados », Riverdale a aussi séduit des trentenaires (voire pire). Cela sans doute grâce à son intrigue, sombre, et les relations non conventionnelles qu’entretiennent certains personnages.

Il y a aussi de nombreuses références culturelles plutôt pointues et la présence d’acteurs qui ont marqué la génération Buffy comme Luke Perry (90210 Beverly Hills) ou Mädchen Amick (Twin Peaks)…

Une série choquante juste ce qu’il faut

« C’est certes ciblé « ado » mais ça reste tout de même grand public pour ses histoires de meurtres et son suspens et ses histoires entre parents, la photo, la musique » nous confie Morgane. Avis que partage Amandine, 31 ans, qui a apprécié que « certains thèmes soient abordés de façon intelligente, notamment le slutshaming. »

Si elles exercent un certain pouvoir d’attraction sur les adultes, les thématiques plus sérieuses de la série peuvent bousculer les jeunes adolescents. Ines, 17 ans, a adoré le récit à suspense mais a été mal à l’aise devant des scènes dont elle juge l’image « néfaste » comme la scène de l’épisode 3 où Betty se venge de Chuck en essayant de le noyer dans le jacuzzi. Sirine, 14 ans, a quant à elle été dérangée par la relation amoureuse entre Archie et sa professeure. Ce qui ne l’empêche pas d’attendre avec impatience la saison 2.

En parlant à ses fans adolescents comme à des adultes, Riverdale s’assure de vieillir avec ses adeptes.

Un paysage délicieux

On se laisse également envoûter par l’esprit vintage des années 1950 comme nous l’indique Mina Ben, 37 ans : « J’ai aimé l’intrigue et l’atmosphère de la série, les personnages qui semblent tous parfaits mais qui cachent de lourds secrets […] Mais pour moi le personnage principal reste la ville de Riverdale. Les paysages pluvieux… Il y a une certaine poétique. » Tournée à Vancouver, au Canada, la série nous offre en effet des plans magnifiques avec un paysage qui semble parfaitement conçu pour un tel drama.

Et pour la suite ?

Le meurtre de Jason ayant été résolu, un autre mystère s’empare de Riverdale dans la saison 2 : « Qui a tiré sur Fred Andrews ? ». Le succès de la série a rendu ses fans exigeants. Ils craignent en effet que la saison 2 ne tombe dans certains pièges. « J’espère qu’ils ont vraiment prévu un vrai scénario et pas juste fait une saison 2 uniquement parce que ça marchait bien, ce qui est malheureusement beaucoup trop souvent le cas ces dernières années… », appréhende Stéphanie, 20 ans.

« La rumeur court qu’ils comptent introduire du surnaturel dans cette saison 2, nous indique Morgane. Ce serait une grosse déception car jusqu’ici dans la saison 1 tout a toujours été à peu près rationnel. » D’après Morgane, c’est ce réalisme relatif qui fait le sel de la série : « Ça pousse à la réflexion, aux discussions Twitter sur des théories, au fait de s’identifier aux personnages aussi un peu. J’espère que la saison 2 va envoyer du pâté, qu’on en saura plus sur les backstory de certains personnages : la maman de Betty, cette dernière, Veronica, Archie, Jughead… Et que de nouveaux vont arriver : Hiram, Jellybean et la maman de Jughead pourquoi pas… »

Comme la plupart des adeptes de Riverdale, elle espère surtout que l’intrigue reste cohérente : « Trop souvent les bonnes séries, après une bonne première saison, sont soit annulées soit vont trop loin, s’essoufflent, et nous déçoivent. » Avoir réussi à créer une armée de fans exigeants et sur leurs gardes : quelle meilleure preuve d’un succès éclatant d’une série ?