VIDEO. Emmy Awards: Les minorités ont (enfin) pris le pouvoir, vraiment?

DIVERSITE Deux séries avec des rôles féminins forts ont écrasé le palmarès...

L.B.

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Donald Glover est le premier réalisateur noir récompensé aux Emmy Awards pour sa série «Atlanta» (meilleur acteur et réalisateur)
Donald Glover est le premier réalisateur noir récompensé aux Emmy Awards pour sa série «Atlanta» (meilleur acteur et réalisateur) — BT1/WENN.COM/SIPA
  • Le palmarès de l'édition 2017 des Emmy Awards a fait la part belle aux femmes et aux Afro-américains.
  • Pour autant, le plafond de verre est encore très présent à Hollywood pour les minorités.

« Historique ». La presse américaine (et mondiale) célèbre ce lundi l’édition 2017 des Emmy Awards, des récompenses littéralement trustée par les minorités. « C’était la nuit des grandes premières et des records battus, la récompense de ceux qui sont souvent oubliés, les femmes et les personnes de couleur », écrit The Independent.

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Deux séries avec des rôles féminins forts ont écrasé le palmarès : la formidable dystopie La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale en anglais, meilleure série dramatique) adaptée du roman de Margaret Atwood, et le sublime portrait de femmes Big Little Lies (meilleure mini-série). Elles ont respectivement chopé cinq et huit trophées grâce, notamment, à Elisabeth Moss, Ann Dowd et Alexis Bledel pour la première ; Nicole Kidman, Laura Dern pour la deuxième.

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#Oscarsowhite

Donald Glover est également entré dans l’histoire en devenant le premier réalisateur noir récompensé aux Emmy Awards pour sa série sensible Atlanta (meilleur acteur et réalisateur), tandis que Lena Waithe est la première femme afro-américaine à gagner une statuette pour avoir co-écrit avec Aziz Ansari l’épisode « Thanksgiving » de Master of None.

« Ma famille LGBQTIA, je vous vois tous. Nos super-pouvoirs nous rendent différents. Chaque jour quand vous sortez et que vous enfilez votre cape imaginaire pour conquérir le monde, car le monde ne serait pas aussi beau si nous n’y étions pas… Merci d’avoir embrassé un petit garçon indien de Caroline du Sud et une petite fille noire étrange du côté sud de Chicago », a insisté Lena Waithe, débout à côté de Aziz Ansari, créateur de Master of None. Sterling K Brown, quant à lui, a été récompensé pour son rôle dans la dramédie touchante This Is Us où il joue l’un des enfants – un enfant afro-américain adopté – d’une famille blanche de la classe moyenne américaine.

On se souvient de la polémique des Oscars début 2016 sur le manque de diversité et son hashtag #oscarsSowhite. « Un numéro d’entrée de cinq minutes par le brillant Chris Rock [le maître de cérémonie] ne compensera pas quatre-vingts ans d’effacement des communautés marginalisées », avait écrit la rédactrice en chef de Broadway Black. On dirait que les Emmys ont entendu le message. Mais on ne va pas se mentir, il reste du chemin à parcourir.

Le plafond de verre

Les rôles féminins importants restent faibles comparés aux masculins, et les réalisatrices ne sont pas assez nombreuses. Si Reese Witherspoon, héroïne et productrice de Big Little Lies, a admis que cette année a été « incroyable pour les femmes à la télévision », elle a toutefois précisé que la série était née d’une frustration : la rareté des rôles intéressants pour les femmes, surtout après 40 ans.

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Les réalisatrices ont encore du mal à se faire une place, même si la récompense de Reed Morano, derrière la caméra pour La Servante écarlate – première réalisatrice à gagner une statuette pour une série dramatique aux Emmys – est un signal fort. Le sexisme et les inégalités salariales sont fréquemment dénoncées à Hollywood. Les dix actrices les mieux payées au monde cumulent 172,5 millions d’euros tandis que les acteurs grimpent à 488,5 millions de dollars, ce qui donne une petite idée du déséquilibre.

Les Emmys briseront-ils définitivement le plafond de verre lorsqu’ils s’affranchiront des catégories genrées, à la manière des MTV Video Music Awards ?