VIDEO. «Somewhere Between»: «Je n'avais jamais exploité mon côté animal», confie Paula Patton

INTERVIEW La star de « Mission Impossible 4 : Protocole fantôme » joue une femme qui sait que sa fille va être tuée, quand et comment, mais pas par qui dans la nouvelle série d’ABC, diffusé ce lundi…

Anne Demoulin

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Paula Patton au Festival de Télévision de Monte-Carlo le 20 juin 2017.
Paula Patton au Festival de Télévision de Monte-Carlo le 20 juin 2017. — GIA/WENN.COM/SIPA

Le remake de la série coréenne God’s Gift : 14 Days, diffusée entre mars et avril 2014 sur SBS (Seoul Broadcasting System). Somewhere Between, la nouvelle série d’ABC dont les deux premiers épisodes sont diffusés ce lundi et mardi outre-Atlantique, suit Laura Price, une femme qui sait que sa fille va être tuée, quand et comment, mais pas par qui. Elle va bien évidemment tenter de l’empêcher par tous les moyens. Dans le rôle-titre, Paula Patton, la partenaire de Tom Cruise dans Mission Impossible 4 : Protocole fantôme.20 Minutes a rencontré l’actrice américaine lors d’une table ronde organisée lors de la dernière édition du Festival de télévision de Monte-Carlo.

Pourriez-vous présenter votre personnage dans « Somewhere Between » ?

J’incarne Laura, peu de temps après que vous la rencontriez, cette femme qui fait l’expérience d’une grande tragédie, celle de perdre son enfant et son mariage. Et après, elle essaye de reprendre le dessus. Mais miraculeusement, ou mystérieusement, elle va rencontrer un homme étrange. Il va lui offrir une seconde chance, celle de remonter le temps pour sauver sa fille d’une mort certaine.

Vous venez d’être mère, en tant que mère, comment avez-vous réagi à la lecture du script ?

Il est évident que cela interroge, c’était dur, un vrai défi ! Le fait d’être mère m’a permis de comprendre le lien qui unit une mère avec son enfant, bien sûr.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer ce rôle ?

Au début, Laura peut apparaître comme une personne de façade, tiraillée entre celle qu’elle voudrait être et celle que les gens croient voir en elle. Mais on sent rapidement qu’il y a autre chose en jeu. L’histoire suit la transformation de cette femme qui doit se battre pour sauver la vie de son enfant et développe un côté animal. Je n’avais lu que les deux premiers épisodes quand nous avons commencé à tourner. La suite m’a étonnée. Il y a des éléments violents… Je ne suis pas violente, mais Laura, elle n’a peur de rien. Par ailleurs, elle aime son mari mais pourrait tout à fait en aimer un autre homme. Elle est pleine de contraste, à l’image des couleurs de la série en nuances de gris. C’est ce qui rend le personnage intéressant à interpréter.

Comment avez-vous trouvé ce « côté animal » en vous ?

Je crois que nous avons cela caché en nous ! Quand on menace la vie de votre enfant, on est prêt à tout… jusqu’à échanger sa vie contre la sienne. J’aime l’idée de me dire que si cela arrivait, je serais capable de soulever une voiture d’une seule main. Je n’avais jamais eu l’opportunité d’explorer cette facette, c’est ce qui est existant avec le métier de comédienne. Je ne suis pas du tout comme ça. Et cette liaison qui démarre avec cet homme… S’ils ont de bonnes raisons de faire ce qu’ils font, ça devient assez intense de voir jusqu’où ils sont prêts à aller.

Qu’est ce que ce personnage vous a apporté sur le plan personnel ?

Que vous ne pouvez pas perdre la foi ! Même quand tout semble aller dans la mauvaise direction, à ce moment-là, il faut faire face. Peu importe ce qui se passe, il ne faut pas abandonner. Je crois vraiment qu’on peut changer son destin, bien sûr, on ne peut pas revenir en arrière, mais on peut changer sa vie, ici et maintenant avec la foi, la ténacité.

Comment présenter « Somewhere Between », est-ce un thriller, un drame, une série fantastique ?

Oh, ce n’est pas évident. C’est un thriller, avec du drame et surtout du cœur. Ce serait la meilleure définition. C’est du divertissement, après une journée de travail, les gens ont besoin de s’évader, mais ça devient vraiment intéressant quand l’histoire bouleverse votre cœur et votre âme, vous fait penser à des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé, ou bouleverse vos convictions. C’est là que le divertissement est à son top et je pense c’est le cas avec cette série. Certains vont être accrochés par le mystère, savoir qui a fait quoi, d’autres aux personnages ou à des thèmes de société qui vont les faire réfléchir à leur vie.

Avez-vous regardé « God’s Gift : 14 Days », la série coréenne qui a inspiré « Somewhere Between » ?

Non, je ne l’ai pas regardée. Mais maintenant que le tournage est terminé, j’ai hâte de la binge-watcher cet été ! Si j’avais regardé avant, j’aurais peut-être senti que j’étais en train d’imiter. Je voulais me faire ma propre idée. Je me suis donc fiée au créateur et scénariste de la série, Stephen Tolkin. Les créateurs de la série coréenne sont venus nous rendre visite sur le tournage et nous ont accordé leur soutien.

Qu’est ce qui diffère pour vous entre tourner une série ou un film ?

Mon approche est la même, une série, c’est comme un film de dix heures. Mais cela offre la possibilité de creuser en profondeur un personnage. C’est différent d’un film dans la mesure où je n’avais aucune idée de la fin de l’histoire lorsque j’ai commencé à tourner ! C’est très excitant ! La question ne se pose pas pour moi, soit vous êtes passionné par le projet ou pas. Tout va plus vite à la télévision, c’est vrai, mais j’ai adoré ! Je n’avais jamais tourné une saison tout entière, c’était une expérience incroyable. Travailler sur une série relève souvent du marathon. On a la chance de vivre l’âge d’or de la télévision, ce qui compte c’est la qualité. De cette rapidité naît la créativité, ce cadre moins strict qu’au cinéma permet d’innover.

Si vous pouviez repartir dans le passé, changeriez-vous quelque chose dans votre vie ?

J’aurais trop peur ! Parce que je crois que toutes les choses que j’aime risqueraient de s’envoler… Cela pourrait vite tourner à la folie. Mieux vaut avancer pour se créer le meilleur futur possible. Bien entendu, on se demande tous un jour ce qu’il serait advenu si nous avions tourné à droite plutôt qu’à gauche. On s’est tous dit qu’on aurait aimé faire certaines choses différemment mais, finalement, c’est dépasser ce genre de considérations qui nous donne de la force au quotidien.