Le Premier ministre, Edouard Philippe, est taillé pour devenir un héros de série

POLITIQUE France 3 diffuse ce mardi (23 h 20), « Edouard, mon pote de droite », premier chapitre d’un travail sur la fabrique du pouvoir. En attendant les prochains épisodes…

Fabien Randanne

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Edouard Philippe chez le coiffeur. Image extraite du documentaire
Edouard Philippe chez le coiffeur. Image extraite du documentaire — Laurent CIBIEN - Lardux Films
  • Alors que « Emmanuel Macron, les coulisses du pouvoir » pourrait se décliner en série documentaire sur Netflix, « Edouard, mon pote de droite » est rediffusé ce mardi à 23h30, sur France 3.
  • Le journaliste Laurent Cibien a suivi son ami d’enfance lors de sa campagne pour la mairie du Havre en 2014.
  • Ce documentaire pourrait avoir une suite.

De nouveaux adversaires pour Frank Underwood. De House of Cards à Baron noir en passant par Veep ou Scandal, les séries sur les arcanes de la politique font l’unanimité. Mais la fiction pourrait bien se faire concurrencer par la réalité.

On apprenait la semaine dernière que Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire, diffusé sur TF1 (4,4 millions de téléspectateurs, sans compter le replay) au lendemain du second tour pourrait bientôt devenir une série Netflix. Selon TV Mag, le réalisateur Yann L’Hénoret, qui a suivi le candidat d’En marche ! pendant huit mois, dispose de 150 heures de rushs parmi lesquelles figurent de croustillantes séquences inédites.

Ce mardi, France 3 rediffuse Edouard, mon pote de droite, un documentaire présenté comme « le premier chapitre d’un travail au long cours sur la fabrique du pouvoir dans la France contemporaine ». Laurent Cibien, qui revendique sa sensibilité de gauche, suit son ami d’enfance, Edouard Philippe, durant sa campagne aux municipales de 2014.

« Quand je lui demande d’arrêter, il arrête de filmer »

Celui qui est devenu Premier ministre ce lundi cherchait alors à conserver son siège d’édile du Havre. On imagine très bien les épisodes suivants, centrés sur son rôle de porte-parole d’Alain Juppé pendant la primaire des Républicains en vue de la présidentielle, et sur son accession et son action à Matignon.

Avec ses faux airs de Hugo Weaving – l’agent Smith de Matrix – Edouard Philippe s’expose au regard de la caméra. « Il filme, mais il n’a pas vendu son film, il y a des chances pour qu’il ne le diffuse jamais », s’amuse d’ailleurs le politique en taclant son « pote » journaliste. Laurent Cibien a accès à tout l’envers du décor, « mais quand je lui demande d’arrêter, il arrête », affirme l’élu.

« La boxe, gaulé comme je suis, c’est pas facile »

Autrement dit, ce qu’il décide de montrer reste sous contrôle. Parfois, la spontanéité l’emporte. Comme lorsque Edouard Philippe évoque sa nouvelle passion pour la boxe : « Je m’y suis mis en juillet et j’adore. Gaulé comme je suis, autant te dire que c’est pas facile. Un jour, je t’emmènerai à un entraînement : c’est pas beau. »

Certes, déambuler dans les couloirs de la mairie du Havre est moins alléchant que d’arpenter ceux de la Maison-Blanche, mais plusieurs micro-histoires offrent leurs mini-suspenses, comme lorsque, une fois la liste constituée pour les municipales, il faut prévenir de vive voix ceux qui n’ont pas été retenus.

Une rue Edouard Philippe ? « Peut-être une impasse… »

Difficile parfois de dire dans quelle mesure la communication politique prend le pas sur le regard journalistique, ni quand l’homme devient un personnage. Par exemple, le fait qu’Edouard Philippe apparaisse en train de mordre dans un hamburger relève-t-il d’un instant anecdotique capté sur le vif ou d’une volonté du sujet d’apparaître comme un monsieur Tout-le-monde qui ne rechigne pas à une virée au fast-food ?

C’est dans les moments imprévisibles que l’homme politique en dit le plus sur lui-même. Qu’il se révèle attachant ou irritant, comme un héros de feuilleton que l’on prend du plaisir à retrouver d’un épisode à l’autre. Ainsi, quand Laurent Cibien suggère qu’il y aura peut-être dans le futur une rue Edouard Philippe au Havre et qu’il répond, non sans répartie : « Oh oui, ce sera peut-être une impasse. » Ou cette ultime adresse à la caméra lorsque, élu au premier tour maire du Havre, Edouard Philippe savoure sa victoire : « A mon avis, ton film, il est pas mal ! »

Et sa série ?