Monica Bellucci: «"Mozart in the Jungle" était tellement magique que j’ai cru que je savais chanter»

SERIE Monica Bellucci incarne une chanteuse lyrique un peu fantasque dans la saison 3 de «Mozart in the Jungle», diffusée sur OCS...

Propos recueillis par Claire Barrois

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Gael Garcia Bernal et Monica Belluci, chef d'orchestre et chanteuse lyrique déjantés dans «Mozart in the Jungle».
Gael Garcia Bernal et Monica Belluci, chef d'orchestre et chanteuse lyrique déjantés dans «Mozart in the Jungle». — Christopher Raphael / 2016 Sony Pictures Television Inc.
  • Monica Bellucci interprète une chanteuse lyrique dans la troisième saison de «Mozart in the Jungle».
  • La diffusion de la saison 3 commence à 20h40 ce dimanche sur OCS.
  • Monica Bellucci revient sur son expérience dans «20 Minutes».

Une chanteuse italienne un peu diva, qui veut continuer à séduire malgré sa petite cinquantaine, assure sur la cuisson des pâtes… Un rôle sur mesure pour Monica Bellucci, actrice idéale pour incarner cette Alessandra un peu clichée. Mais l’actrice, qui sera la maîtresse de cérémonie du prochain  Festival de Cannes, a confié à 20 Minutes, que la troisième saison de Mozart in the Jungle lui avait tout de même demandé pas mal de travail.

Qu’est-ce qui vous a convaincue d’accepter le rôle d’Alessandra ?

Je connaissais Mozart in the Jungle. Je trouvais la série forte, établie, et j’en appréciais la délicatesse, la légèreté et en même temps son côté imprévisible. Le rôle d’Alessandra était bien écrit, il était beau. Cette femme a un magnifique instrument en elle, sa voix, et quand il ne fonctionne plus, elle ne sait plus vraiment qui elle est.

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Qu’est-ce qui vous a le plus attirée dans cette série ?

C’est l’ensemble. Le fait que l’opéra ne soit pas du tout mon monde m’a attirée. Je ne connaissais pas l’opéra. Je n’écoute pas d’opéra, même si le culte de la voix est important en Italie. Je me suis inspirée de grandes divas pour la posture, comme La Callas, etc. J’ai écouté La Traviata. J’ai eu des coaches pour apprendre comment la représenter. Maintenant j’ai un autre regard sur l’opéra. J’avais une oreille ignorante qui s’est formée. Mon oreille est beaucoup plus fine.

Que vous a apporté la série par rapport à la musique classique ?

J’ai passé un moment iconique avec Placido Domingo. Notre duo était tellement magique que j’ai même cru un instant que je pouvais chanter pour de vrai. J’ai construit le personnage autour de la voix.

Vous êtes-vous reconnue en Alessandra ?

Une chanteuse lyrique a une vie beaucoup plus difficile qu’une comédienne. Moi je suis protégée par l’écran, je ne suis jamais en contact direct avec les gens. Elle n’a pas de filtre, elle est plus en position de fragilité. Son travail artistique est plus dangereux que le mien.

Est-ce que, comme elle, vous avez besoin de plaire pour bien travailler ?

Une actrice a un sentiment d’abandon quand elle ne se sent pas regardée avec respect. Tout se fait dans l’échange. Les metteurs en scène sont des magiciens qui voient qui on est sans qu’on ne dise rien, ils ont une sorte de perception animale des choses. Comme Emir Kusturica quand il m’a proposé de jouer dans On the Milky Road, tourné en serbe, je me suis demandé pourquoi il pensait à moi pour ça. Finalement il m’a dit que je parlais très bien serbe ! Les réalisateurs savent, mieux que nous, ce dont on est capable.

Va-t-on vous retrouver plus souvent dans des séries ?

Pour l’instant, je n’ai pas signé pour une autre série, mais le personnage d’Alessandra m’a donné une idée de série que j’aimerais créer, coproduire et où j’interpréterai le personnage principal. Je me suis rendu compte qu’on pouvait faire exister un personnage autrement, qu’on pouvait lui apporter beaucoup de profondeur.