Une molécule pour neutraliser le SRAS?

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Maintenant qu’ils pensent avoir identifié le coronavirus responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), les scientifiques cherchent désormais la ou les molécules capables de contrôler sa prolifération dans l’organisme. Alors que les laboratoires pharmaceutiques passent en revue tous leurs médicaments antiviraux, les chercheurs tentent de découvrir comment le métabolisme du virus pourrait être « saboté ». Après avoir séquencé son génome, les biologistes sont parvenus à établir un modèle tridimensionnel du coronavirus responsable du SRAS. Connaissant la structure du virus et le fonctionnement de certaines de ses protéines, plusieurs laboratoires cherchent son point faible. Parallèlement, plus de 120 000 composés pharmaceutiques connus pour leur activité antivirale ont été testés. A l’issue de ces essais, une centaine de substances ont été retenues comme étant susceptibles de bloquer le coronavirus du SRAS. L’une d’elles, la molécule AG7088 (photo), est apparue comme particulièrement prometteuse. Développée par les laboratoires Pfizer comme médicament antirhume, AG7088 s’est révélée non toxique. Mais elle a surtout la propriété de se fixer sur une protéase, une des enzymes indispensables au fonctionnement du virus. En « s’accrochant » à cette protéase, elle en bloque l’activité enzymatique : le virus ne peut alors plus se développer. Dans la revue Science, le biologiste allemand Rolf Hilgenfeld affirme que la découverte de ce mécanisme d’action devrait permettre la mise au point rapide de molécules plus efficaces contre le SRAS.

à savoir Alors qu’il avait fallu deux ans pour parvenir à isoler le virus responsable du sida, les scientifiques ont mis moins de deux semaines pour identifier l’agent pathogène du SRAS et deux semaines de plus pour en séquencer le génome.