Les boursicoteurs n'aiment pas bafouiller

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Les cours du pétrole évoluent à des niveaux record, le Brent ayant battu un cours historique lundi à Londres tandis qu'à New York, le baril de brut s'est approché de ses plus hauts niveaux, en raison des tensions géopolitiques et des craintes de pénurie d'essence aux Etats-Unis.
Les cours du pétrole évoluent à des niveaux record, le Brent ayant battu un cours historique lundi à Londres tandis qu'à New York, le baril de brut s'est approché de ses plus hauts niveaux, en raison des tensions géopolitiques et des craintes de pénurie d'essence aux Etats-Unis. — Michael Nagle AFP/GettyImages

L'évolution de la Bourse est presque aussi imprévisible que les résultats des courses hippiques. Deux psychologues américains viennent pourtant de découvrir une martingale boursière compréhensible par tous les boursicoteurs débutants. Les deux chercheurs ont en effet constaté que les titres qui possèdent des noms faciles à prononcer réalisent, au moins à court terme, de meilleures performances que ceux affublés de noms compliqués. Adam Alter et Daniel Oppenheimer, de l'université de Princeton, pensent que ce phénomène révèle une stratégie cognitive plus générale : quand nous devons intégrer une masse d'informations très importantes, nous avons tendance à nous focaliser sur les plus évidentes d'entre elles.

Les deux psychologues ont d'abord mené une expérience dans laquelle des étudiants misaient sur des actions boursières fictives. Dans leur ensemble, les étudiants ont systématiquement préféré miser sur des titres aux noms familiers ou anglophones – comme Hillard –, plutôt que sur des valeurs affublées de noms « à coucher dehors » – comme Xagibdan. Ils ont ensuite demandé aux étudiants de juger la simplicité de quatre-vingt-neuf noms de valeurs introduites entre 1990 et 2004 à Wall Street. Sur leurs six premiers mois de cotation, les titres aux noms estimés les plus simples ont, en moyenne, connus de meilleures performances que les autres. Cet effet a également été observé avec les codes à trois lettres utilisés par la presse financière : KAR l'emportant, par exemple, sur l'imprononçable RDO.

Yaroslav Pigenet

Alter et Oppenheimer, qui ont publié leurs résultats dans la revue scientifique PNAS, affirment que faute d'argent, ils n'ont pas testé leur méthode sur une place boursière, avec des espèces sonnantes et trébuchantes.