Qui a peur du protocole de Kyoto ?

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Contrairement à ce qu'affirment les adversaires des accords de Kyoto – notamment le nouveau gouvernement conservateur du Canada – un effort mondial coordonné pour diversifier nos sources d'énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre n'entraînerait pas forcément un ralentissement économique global. C'est en tout cas ce que prédisent les simulations économiques menées par l'Innovation Modelling Comparison Project (IMCP), un programme international de recherche. Durant deux ans, les chercheurs se sont attachés à modéliser les conséquences économiques à long terme du changement climatique en intégrant des paramètres complexes, tels que les politiques énergétiques mises en oeuvre par les gouvernements, les investissements dans la recherche, les programmes de réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2), ainsi que les progrès techniques qu'ils peuvent engendrer. Ainsi, sur les onze modèles présentés par l'IMCP dans la revue The Energy Journal, neuf prédisent qu'une stabilisation du taux de CO2 à 450 ppm (parties par million) en 2100 – un objectif aujourd'hui considéré comme très ambitieux – n'entraînerait pas plus de 0,5 % de réduction de l'activité économique mondiale.

Dans ces scénarios, l'obligation de limiter les émissions de CO2 force le secteur privé à investir dans les énergies non polluantes, ce qui finit par rendre ces dernières compétitives avec les sources d'énergie classiques.

Certains modèles prévoient même que des investissements industriels massifs et les découvertes de nouvelles technologies pourraient engendrer un gain de croissance de 1,7 % sur 100 ans.

Yaroslav Pigenet