L'opération séduction du Commissariat à l'énergie atomique vers les lycéens

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Le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a estimé mercredi avoir rempli l'objectif d'assainir et démanteler d'ici fin 2012 les installations nucléaires de son site de Grenoble, seuls quelques travaux complémentaires restant à achever d'ici mi-2013.
Le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a estimé mercredi avoir rempli l'objectif d'assainir et démanteler d'ici fin 2012 les installations nucléaires de son site de Grenoble, seuls quelques travaux complémentaires restant à achever d'ici mi-2013. — Gerard Julien AFP

Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a convié jeudi 1.500 élèves de première et terminale dans ses 10 centres pour les sensibiliser aux métiers de la recherche, lors d'une journée «Scientifique, toi aussi!». «Notre premier objectif est de susciter des vocations, au moment où les élèves de terminale doivent déposer leurs voeux» pour leurs études post-bac, a déclaré Nathalie Sciardis, chef de projet pédagogique au CEA.

A Saclay (Essonne), 150 élèves du département ont notamment pu rencontrer des professionnels lors d'un «speed dating», «outil qui peut contribuer à attirer les jeunes» dans un contexte de désaffection des sciences, selon Xavier Clément, porte-parole du CEA.

Décomplexer les lycéens

Devant un amphi attentif, une quinzaine de chercheurs, techniciens et ingénieurs passionnés se sont succédés au micro, dépoussiérant l'image de professeur en blouse blanche un peu ennuyeux. En trois minutes, ils ont raconté leur parcours: normaliens, polytechniciens, mais aussi d'anciens élèves moyens qui n'aimaient pas l'école... «Tout le monde n'a pas suivi la voie royale pour être chercheur», a souligné Bertrand Bazin, 33 ans, ingénieur.

De quoi décomplexer les lycéens: «Ils n'étaient pas tous de supers élèves!», s'est étonné Damien, 16 ans. Pas converti pour autant, il se tient à son projet d'études de kinésithérapeute. Comme lui, les étudiants qui entrent à l'université boudent de plus en plus les sciences «dures» (maths, physique, chimie) au profit des inscriptions en droit et médecine.

«La finance a pris le pas» sur la science

Entre 2004 et 2009, le nombre d'étudiants inscrits en licence scientifique ou en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) a baissé de 7,4%. La baisse atteint même 14% pour les nouveaux entrants à l'université, selon le dernier rapport du ministère de l'Enseignement supérieur. «Il y a 50 ans, les sciences attiraient encore. Aujourd'hui, c'est la finance qui a pris le pas», a regretté Thibault Cantat, jeune chercheur de 30 ans, lunettes sur le nez. «Ils rêvent d'être traders pour gagner de l'argent», a renchéri M. Bazin.

Au CEA, la fourchette des salaires, du chercheur débutant au responsable de laboratoire, va de 2.000 à 5.000 euros par mois.