Nucléaire: L'Académie des sciences appelle à la recherche sur les centrales du futur

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Pour Pascal Durand, porte-parole d'EELV, les socialistes "répètent qu'ils ont fait plein de concessions, mais ils n'en ont fait aucune" et "veulent nous faire peser le poids" de la rupture.
Pour Pascal Durand, porte-parole d'EELV, les socialistes "répètent qu'ils ont fait plein de concessions, mais ils n'en ont fait aucune" et "veulent nous faire peser le poids" de la rupture. — Philippe Desmazes afp.com

L'Académie des sciences juge «urgent d'accélérer les recherches sur les centrales nucléaires du futur», évoquant la «filière au thorium» et les réacteurs de quatrième génération, à neutrons rapides.

Il «convient de soutenir, sans a priori, les études actuelles sur les réacteurs de dimensions réduites et d'une manière générale sur toute contribution nouvelle, filière au thorium par exemple», note l'Académie des sciences dans un avis publié mercredi. Dix mois après l'accident de Fukushima au Japon, l'Académie relève que les centrales nucléaires «sont aujourd'hui le seul moyen» de produire «de l'électricité concentrée, permanente et sans émission de gaz à effet de serre», assurant que le nucléaire «restera longtemps» une composante «essentielle» des ressources énergétiques françaises.

«Réactiver la recherche» sur la filière au thorium

«Il est urgent d'accélérer les recherches sur les centrales du futur, en ayant à l'esprit trois critères essentiels : sécurité des centrales, réserves naturelles en uranium et minimisation des déchets à vie longue», relève l'avis rédigé par le président de l'Académie des sciences Alain Carpentier, avec les contributions de physiciens, dont Catherine Césarsky, Haut-Commissaire à l’énergie atomique (CEA), et d'autres scientifiques dont Claude Allègre.

Interrogé par l'AFP, le physicien Edouard Brézin a précisé que des chercheurs du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie (LPSC) de Grenoble estiment qu'ils faut «réactiver la recherche» sur la filière au thorium susceptible de produire des déchets moins dangereux, plus simples à retraiter, avec un risque moindre de prolifération.

Renforcer les recherches sur la sécurité des réacteurs de quatrième génération

Pour le «nucléaire du futur», l'Académie recommande surtout de renforcer les recherches sur la sécurité des réacteurs de quatrième génération, à neutrons rapides, qui «permettraient de garantir une ressource en matières fissiles pour des milliers d'années». Ils devraient aussi contribuer à la «minimisation des déchets».

Après avoir tiré le 10 janvier les enseignements de l'accident de Fukushima, l'Académie des sciences rappelle l'importance du respect des normes parasismiques et la nécessité d'une protection contre «tout événement d'origine naturelle ou malveillante», comme l'a recommandé l'Autorité de sûreté nucléaire.