Espace: Mission accomplie pour le satellite Planck qui a pu achever cinq relevés du ciel

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Le satellite Planck, lancé en 2009 sur les traces de la première lumière émise quelque 380.000 ans après le Big Bang, a pu achever cinq relevés complets du ciel qui devraient aider à percer les secrets de l'enfance de l'univers, a déclaré lundi l'Agence spatiale européenne (ESA).

Le principal instrument de Planck, sensible à d'infimes variations de températures, a fonctionné pendant trente mois, deux fois la durée initialement requise, avant que sa réserve d'hélium servant à le refroidir arrive à épuisement samedi, a précisé l'Esa dans un communiqué.

«Un trésor de données scientifiques»

"Planck a eu une merveilleuse mission. Le satellite et ses instruments ont fonctionné extraordinairement bien, nous fournissant un trésor de données scientifiques", a relevé Jan Tauber, scientifique de l'ESA.

Lancé le 14 mai 2009, Planck a effectué cinq relevés complets du ciel en mesurant des variations de températures de l'ordre du millionième de degré dans le rayonnement fossile maintenant ultrafroid (-270 °C) baignant tout l'univers.

Ces fluctuations doivent dévoiler l'état de l'univers 380.000 ans après le Big Bang. Les variations de températures trahissent l'existence de premiers "grumeaux" de matière, germes des futures structures de l'univers.

Les capteurs de l'Instrument de haute fréquence (HFI) devaient être refroidis jusqu'à -273,05 °C pour accomplir cette mission. L'objectif était de balayer au moins deux fois la totalité de la voute céleste. Au final, HFI a pu le faire cinq fois, avant de tomber à court de refroidissement.

Des données meilleures que celles attendues

"Planck nous fournit même des données meilleures que celles que nous attendions de la mission", souligne Jean-Loup Puget (Université Paris-Sud, Orsay, France), principal responsable de la mission.

Le deuxième instrument de Planck, LFI (Low Frequency Instrument), sensible à de plus hautes températures que le HFI, va continuer à balayer le ciel durant une bonne partie de 2012, aidant à calibrer les données finales, précise l'Esa.

De premiers résultats présentés l'an dernier portaient sur des amas de galaxies lointaines. Début 2013, devraient être publiées des premières données sur le rayonnement cosmologique, leur diffusion complète étant prévue en 2014.

Invisible à nos yeux, ce rayonnement qui se détecte dans les longueurs d'onde millimétriques, avait déjà été cartographié par les satellites Cobe et Wmap.

Bien plus sensible, Planck devrait, selon les scientifiques, aider à départager des théories concurrentes sur ce qui s'est passé lors du Big Bang, voici 13,7 milliards d'années.